Digger s’engage à poursuivre la décontamination du Sénégal. Depuis 2011, la fondation tavannoise collabore avec l’organisation de solidarité Handicap International (HI) dans la région de la Casamance, au cœur d’un conflit interne entre 1982 et 2014, ayant provoqué le déplacement de milliers de personnes.
Digger mettra à disposition d’ici le mois juillet une machine de déminage de nouvelle génération plus performante, qui viendra remplacer l’engin actuel, arrivé en bout de course. « C’est une chance de soutenir des projets qui ont un immense potentiel », confie le directeur de l’institution Frédéric Guerne.
En tant que partenaire de Handicap International, Digger ne se contente plus de fournir des machines. La fondation contribue désormais directement à la relance des opérations, notamment en finançant une partie des salaires des démineurs. « Le projet était à l’arrêt, il fallait remettre toute la machine en route », explique encore son directeur.
Grâce à ce nouvel élan, Handicap International vise un Sénégal libre de mines d’ici 2031. Un objectif réalisable et nécessaire pour le développement du pays, selon Abdourahmane Ba, chef de projet Réduction de la violence armée pour HI. « La décontamination des terres va permettre à la population de s’adonner à des activités agricoles et génératrices de revenus, et ainsi retrouver une dignité », insiste-t-il.
Depuis 2008, Handicap International a déjà libéré plus de 900’000 m2 au Sénégal grâce au travail de ses démineurs et de la machine de déminage de Digger. Le chemin est toutefois encore long, puisqu’il reste au moins 1,2 million de m2 à assainir, rien que dans la région de Casamance.
Pour porter encore plus largement leur cause, Abdourahmane Ba et Handicap International participeront au National Directors Meeting of Mine Action Directors and Advisors à Genève ces prochains jours. « Si nous bénéficiions d’un peu d’accompagnement, on pense que ces petits pays, oubliés au profit des plus grands foyers de tension tels que l’Ukraine, pourraient mettre derrière eux la problématique des mines antipersonnel », estime le démineur certifié.
Une machine plus performante
Le nouvel engin de Digger – dite de quatrième génération – promet d’être mieux adapté aux terrains difficiles. Avec ses douze tonnes et sa coque résistante à tout type de résidus de guerre, elle doit permettre de gagner du temps. « La machine a un train de chenille oscillant, plus performant pour les terrains difficiles », explique Frédéric Guerne. Elle est notamment capable de fonctionner pendant la saison des pluies, sans s’embourber.
Sur place, les machines ne remplacent pas l’humain, mais facilitent son travail. Elles préparent le terrain avant l’intervention des démineurs, indispensables pour neutraliser les engins explosifs. Handicap International peut compter aujourd’hui sur une équipe de 80 personnes au Sénégal. /ddc