Le numérique ne se contente plus d’accompagner la transformation économique tunisienne, il en redéfinit progressivement les contours.
Plateformes, data, automatisation, intelligence artificielle et services dématérialisés s’imbriquent dans les chaînes de valeur, remodelant les modèles productifs. Pourtant, derrière cette montée en puissance, une réalité plus nuancée s’impose : la transition digitale reste fragmentée, inégalement diffusée et encore loin de livrer tout son potentiel macroéconomique.
Avec une contribution estimée entre 7,5% et 8% du PIB en 2025 et près de 90 000 emplois directs, le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) constitue désormais l’un des piliers les plus dynamiques de l’économie tunisienne.
Le pays compte plus de 2 500 entreprises actives dans le numérique, dont une part croissante orientée vers l’export de services IT et d’ingénierie logicielle. À cela s’ajoute un écosystème de startups en expansion, soutenu par des dispositifs comme le Startup Act, qui a permis la labellisation de plus de 900 jeunes pousses depuis son lancement.
Pourtant, ces chiffres, aussi prometteurs soient-ils, masquent une réalité structurelle plus complexe : le numérique tunisien avance, mais de manière déséquilibrée.
Une diffusion sectorielle encore incomplète
L’un des principaux freins à l’impact global du numérique réside dans son adoption inégale entre les secteurs. Si la finance, les télécommunications et certains segments des services affichent des taux de digitalisation dépassant 30%, la majorité des branches productives restent à la traîne. Dans l’industrie manufacturière, l’agriculture ou encore le tourisme, l’intégration des technologies numériques dépasse rarement 2% à 3% des processus productifs.