l’essentiel
La Grainerie coordonne le projet EKO pour un cirque transfrontalier et écoresponsable.
Installée à Balma, la Grainerie s’impose comme une véritable « fabrique des arts du cirque et de l’itinérance ». Cette structure associative regroupe des espaces de création où s’activent chaque année des centaines d’artistes. Mais son action dépasse les frontières locales : avec le projet EKO Pyrénées de cirque (2024-2027), elle coordonne 14 partenaires répartis entre l’Occitanie, la Catalogne, l’Aragon et le Pays basque.
Cofinancé à 65 % par l’UE, ce réseau a récemment permis à la compagnie Rouge Elea de poser ses valises à Balma pour sa création Lurruna. Loin d’une simple escale, les artistes ont animé des ateliers « podcast en mouvement » et des rencontres publiques. Cette présence illustre l’ambition d’EKO : favoriser des résidences longues et un engagement durable. En mars, les compagnies La Côte Folle et Totapedra ont également bénéficié de cet écosystème.
Portrait : Raphaël, chef d’orchestre du transfrontalier
Pour piloter cette fourmilière et remplir les objectifs de transition, la Grainerie compte sur Raphaël. Coordinateur des activités, il assure l’animation du réseau, la gestion logistique et la communication. Travaillant étroitement avec Jean-Marc Broqua et Hélène Métaillié, il a su s’approprier les enjeux du cirque pour repenser les schémas de diffusion.
Pour lui, l’urgence est flagrante : « Se rendre à un événement culturel représente aujourd’hui la troisième cause des mobilités des publics. La dimension écologique ne doit plus être un facteur externe, mais un paramètre incontournable impliquant une série d’actions que nous devons internaliser et intégrer dans nos pratiques en tant qu’acteurs ». Sa stratégie ? « Réduire les distances et allonger le temps ». Cela passe par des tournées locales cohérentes. « Pour limiter l’impact, nous créons de nouvelles modalités : logement chez l’habitant, stockage de matériel sur un territoire ou déplacement conjoint de deux compagnies dans un seul véhicule ». Malgré les freins administratifs, Raphaël reste optimiste : « Cette nécessité de coopérer permet d’ancrer ces expérimentations dans des logiques territoriales et instaure un partage de pratiques qui porte haut les valeurs du projet EKO ». Une preuve que, demain, le cirque sera aussi vert que solidaire.