En Côte d’Ivoire, les autorités veulent diversifier le mix électrique à l’horizon 2030. Le solaire fait partie des piliers de cette stratégie.

L’Africa Finance Corporation (AFC), principal fournisseur de solutions d’infrastructure sur le continent, a finalisé le 13 avril dernier la première obligation verte structurée en devise mixte (euro et franc CFA) au profit du secteur de l’énergie en Côte d’Ivoire et dans l’espace UEMOA.

Dans les détails, l’institution a décaissé 43 millions d’euros sur un montant total de 65 millions d’euros pour la construction d’une centrale solaire de 66 MW développée par la société Poro Power dans la région de Korhogo, au nord du pays.

La mise en service est prévue pour 2027 et l’installation devrait devenir la plus grande du pays à ce stade. À terme, l’infrastructure est appelée à alimenter plus de 100 000 ménages en électricité et à permettre d’éviter plus de 72 000 tonnes de CO₂ par an.

Avec cette démarche, AFC renforce un peu plus son engagement en faveur du financement d’infrastructures en Côte d’Ivoire. L’institution, basée au Nigeria, a déjà participé au financement de projets emblématiques dans la première économie de l’UEMOA, à la fois dans les transports et dans l’énergie. Parmi ces réalisations, figure notamment le pont Henri Konan Bédié à Abidjan, un ouvrage de 1,5 km, et un investissement en 2019 de 174 millions d’euros dans la centrale hydroélectrique de SingroboAhouaty (44 MW).

« Cette opération pionnière illustre la capacité croissante des institutions africaines à mobiliser des capitaux et des compétences locales pour mener à bien des projets d’infrastructure transformateurs. Nous contribuons non seulement à combler le déficit d’infrastructures, mais aussi à créer des modèles de financement de taille adaptée, conçus localement et reproductibles à l’échelle du continent », explique Samaila Zubairu, présidentdirecteur général d’AFC.

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Un nouveau coup de pouce pour le solaire ivoirien

Ce montage financier d’AFC apparaît comme un nouveau boost pour un secteur solaire ivoirien qui est encore à ses débuts. Si selon la Banque africaine de développement, cette source d’énergie constitue l’un des piliers de la transition énergétique, grâce à une moyenne annuelle d’ensoleillement sur un plan horizontal qui atteint un potentiel de 5,25 kWh/m² par jour, sur le terrain, elle reste encore largement en retrait.

D’après les données officielles, la capacité installée du solaire était de seulement 30 MW (centrale solaire de Boundiali) en 2024, soit environ 1% de la puissance totale de 3019 MW dominée par les centrales thermiques (1998 MW) et l’hydroélectricité (991 MW).

Face à cette situation, les autorités ont accéléré depuis quelques années, le développement de cette filière renouvelable pour lui permettre de jouer un rôle croissant dans la décarbonation du mix et la satisfaction de la demande en électricité qui croît sous l’effet combiné de la dynamique économique, de l’urbanisation et de l’industrialisation.

 Une centrale pour 400 emplois concernés

En octobre 2025, le pays a lancé la construction de la centrale photovoltaïque de Kong. D’un coût estimé à 37 milliards FCFA (56,4 millions d’euros), ce projet de 50 MW, alimenté par 88 000 panneaux, est prévu pour produire assez d’électricité pour approvisionner environ 380 000 ménages.

Implantée sur 80 hectares dans la région du Tchologo, au nord du pays, l’infrastructure devrait être achevée et mise en service au premier trimestre 2027 générant plus de 400 emplois directs et indirects. À cette installation s’ajoutent quatre nouveaux projets de centrales solaires photovoltaïques validés lors d’un Conseil des ministres en novembre 2025. Il s’agit de deux centrales dans le cadre du programme « Scaling solar » (Touba – 58,6 MWc ; Laboa – 49,7 MWc), prévues pour être mises en exploitation d’ici mars 2027, d’une centrale de 50 MWc à Bondoukou, dans la région du Gontougo, et d’une centrale de 52 MWc à M’Bengué, dans la région du Poro.

Selon les autorités, la contribution de ces nouvelles centrales solaires passera de 42 MW dès 2026 à 925 MW en 2030. Dans le pays, l’objectif global est de porter la part des énergies renouvelables à 45% du mix électrique à l’horizon 2030, contre environ 8% actuellement.