Pétrole, gaz, mines, transport, logistique… La banque africaine d’Oman créée à Luanda se focalise sur des secteurs clés. Une offensive financière promise au-delà des frontières angolaises et qui cible les majors. Au-delà du commercial, le Sultanat qui s’est taillé un profil de médiateur au Moyen-Orient, pousse les pions de sa diplomatie économique africaine dans un contexte international critique.
Désormais opérationnelle, la banque africaine d’Oman (BAO) a lancé ses activités dans la capitale angolaise ce 20 avril, sous la direction générale du financier portugais António Dinis Mendes, annoncent les autorités du sultanat moyen-oriental. Rompue aux activités transactionnelles, au financement du commerce international, aux opérations de change, à la gestion de trésorerie et au conseil financier, cette banque d’affaires cible surtout les multinationales et investisseurs internationaux intéressés ou déjà actifs en Angola dont la liste fait apparaître le français TotalEnergies, l’italien Eni, les américains Chevron et ExxonMobil, l’anglo-australien Rio Tinto ou l’émirati AD Ports. « La création de la Banque africaine d’Oman (ABO) incarne les principes de la diplomatie économique définis par Sa Majesté le Sultan Haitham bin Tarik, visant à renforcer la présence économique et d’investissement d’Oman à l’international », déclare Sayyid Theyazin bin Haitham Al Said, Vice-Premier ministre omanais chargé des affaires économiques.
Pour des relations économiques « durables »
La nouvelle banque d’affaires entend couvrir un certain nombre de secteurs jugés prioritaires et d’avenir en Angola et en Afrique : l’énergie en particulier le pétrole, le gaz, les mines, les infrastructures, le transport et logistique, les biens de consommation, etc. Considérant cette initiative comme « une pierre angulaire d’un partenariat économique durable entre Oman et l’Afrique », Abdulsalam bin Mohammed Al Murshidi, Président de l’Autorité d’investissement d’Oman, assure : « ce projet dépasse le cadre d’un simple établissement bancaire : il s’agit d’une plateforme financière intégrée destinée à renforcer les flux de capitaux, le commerce et les investissements entre le Sultanat d’Oman et le continent africain ».
Entouré notamment des Emirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite, Oman comme ses voisins du Golfe roule grâce à son pétrole, dont les réserves sont classées 24ème au monde derrière la Norvège, le Mexique, le Soudan et l’Inde. En 2021, le sultanat a lancé sa Vision 2040 qui vise non seulement à diversifier l’économie, mais aussi à renforcer l’intégration mondiale du pays notamment via l’investissement dans les pays émergents, notamment ceux d’Afrique.