Le deuxième jour du Forum d’affaires UE–Régional–Corridors de l’Afrique de l’Ouest
Le deuxième jour du Forum d’affaires UE–Régional–Corridors de l’Afrique de l’Ouest, mardi 31 mars 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire à Cocody, a été marqué par un panel central consacré aux corridors de développement, au cœur des stratégies visant à renforcer l’intégration économique régionale. Ces infrastructures, véritables artères du commerce et de la mobilité en Afrique de l’Ouest, sont aujourd’hui considérées comme des leviers clés pour stimuler la croissance, créer des emplois et générer de la valeur dans les territoires qu’elles traversent.
Le panel a attiré l’attention sur la nécessité de repenser la planification, la gestion et l’exploitation de ces corridors pour en faire des moteurs efficaces de développement. L’échange a porté sur les enjeux liés à la valorisation industrielle, à la fluidification du transport, à l’intégration des technologies numériques et à la coopération institutionnelle, montrant combien ces corridors peuvent transformer les dynamiques économiques locales et régionales.
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Objectifs du panel et intervenants
Le panel avait pour objectif d’explorer des modèles concrets de corridors capables de faciliter les échanges commerciaux et la mobilité régionale, ainsi que d’identifier des solutions réalistes pour réduire les coûts et renforcer l’intégration économique. Les discussions ont mis l’accent sur les meilleures pratiques pour la planification, le financement et la gouvernance, avec un focus sur les initiatives efficaces dans l’espace UEMOA et CEDEAO.
Quatre intervenants ont pris part à ce panel. Mike Salawou, directeur par intérim du Département des infrastructures et du développement urbain de la Banque africaine de développement, a mis l’accent sur la création de valeur à chaque étape des corridors.
David Beer, CEO de TradeMark Africa, a insisté sur le rôle de la digitalisation pour améliorer les performances logistiques. Madame Chantelle Abdul Oluwabunmi, Group Managing Director de Mojec International Holdings, a apporté le point de vue du secteur privé sur les opportunités d’investissement et la coordination avec les États.
Philippe Bronchain, Ambassadeur de l’Union européenne au Burkina Faso, était prévu parmi les intervenants mais, retenu par un autre engagement, il s’est fait représenter.
Valoriser chaque point de passage pour créer de la richesse
Mike Salawou a expliqué : « C’est ça que nous voulons changer. Nous voulons faire en sorte que chaque point de passage le long des corridors crée de la valeur ajoutée, que ce soit dans l’industrie, l’agro‑processing ou la manufacture. L’idée est de transformer ces flux en véritable or économique ».
Pour illustrer l’impact concret de ces investissements, il a ajouté : « Quand on valorise ces corridors, on crée des emplois, on permet aux villes et aux dirigeants de générer de la valeur et de financer des projets locaux. L’effet est cumulatif : l’investissement initial produit de la valeur, et cette valeur génère encore plus de valeur. »
Digitalisation et efficacité des corridors
David Beer a souligné : « La digitalisation des processus commerciaux est un levier incontournable. Elle réduit les coûts et les délais, améliore la transparence et limite les interventions arbitraires ».
Il a donné un exemple concret : « Nous avons vu, par exemple sur le Northern Corridor reliant Mombasa à Kisangani, que la digitalisation a réduit le temps d’extraction des conteneurs à Nairobi, passant de 12 jours à seulement quelques heures. Cela améliore considérablement l’efficacité pour les transporteurs et les exportateurs. »
Le panel a permis de dégager un consensus clair : pour que les corridors deviennent de véritables leviers économiques, il faut combiner valorisation industrielle, création d’emplois, digitalisation, coopération institutionnelle et engagement des acteurs privés. Les intervenants ont insisté sur le rôle central de la Banque africaine de développement et d’initiatives privées comme TradeMark Africa et Mojec International Holdings pour accompagner les États et les entreprises dans ces transformations.
Le forum se poursuit jusqu’au 1er avril 2026 et demeure un rendez-vous stratégique pour mobiliser les investissements et renforcer l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest.
Djabiga Soro
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