L’économie sud-africaine est la plus industrialisée du continent africain. Dans le pays, les principales villes sont confrontées à plusieurs défis liés à l’approvisionnement en eau, en électricité et l’assainissement.

En Afrique du Sud, la France est en passe de débloquer un prêt concessionnel de 100 millions d’euros pour soutenir la remise à niveau des grandes infrastructures urbaines. L’annonce a été faite le mardi 21 avril, par David Martinon, l’ambassadeur de France dans la nation arc-en-ciel lors d’un évènement à Johannesburg.

Cette enveloppe devrait aider les métropoles « à rénover, changer et remodeler la manière dont elles abordent la prestation de services, notamment dans la gestion de l’eau, des déchets et dans la transition énergétique ».

Des villes à problèmes

Ce financement, qui sera déployé via l’Agence française de développement (AFD), vient en appui au programme « Metro Trading Services » (MTS) du Trésor sud-africain, déjà soutenu par une enveloppe de 925 millions dollars (790 millions d’euros) de la Banque mondiale.

Cette initiative vise à stabiliser des services urbains essentiels (eau, électricité, gestion des déchets) dans huit grandes municipalités métropolitaines où résident environ 22 millions de personnes, soit plus d’un tiers de la population sud-africaine. Ces territoires incluent des centres économiques clés comme Johannesburg, Pretoria, Le Cap ou Durban.

Si elles concentrent l’essentiel de la création de richesse nationale, ces métropoles cumulent aussi la plupart des dysfonctionnements actuels de l’infrastructure urbaine. En effet, dans les grandes villes sud-africaines, la situation des services de base s’est fortement détériorée au cours des dernières années.

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Le pays a été marqué sur ces dernières années par des coupures d’électricité chroniques liées à la vétusté des centrales de la compagnie électrique nationale, une crise qui s’est traduite en 2023 par plus de 300 jours de délestages.

Situation préoccupante concernant l’eau

Sur le front de l’eau, la situation est tout aussi préoccupante. Le 10 février denrnier, Pretoria, Johannesburg et Le Cap – capitale politique, capitale économique et principale destination touristique – ont toutes été confrontées à des pénuries d’eau le même jour, révélant la vulnérabilité de leurs infrastructures face à la combinaison de fortes chaleurs, de réservoirs insuffisamment remplis et de pannes techniques.

Dans la province du Gauteng, où se situe Johannesburg, la situation a été telle que le gouvernement a dû accorder dans le même mois à Rand Water, principal fournisseur d’eau en gros du pays, une licence exceptionnelle pour prélever 200 millions de mètres cubes supplémentaires dans le système de la rivière Vaal pendant quatre mois, afin de reconstituer les réserves municipales. En parallèle, la municipalité estimait en septembre 2025 qu’elle doit investir 32,5 milliards de rands (1,7 milliard d’euros) sur dix ans pour remettre son réseau d’eau à niveau.

Au-delà de l’approvisionnement en eau et de l’électricité, les problèmes touchent aussi le traitement des eaux usées. Le rapport « Green Drop » du ministère de l’Eau publié fin mars 2026 indiquait que 396 systèmes de traitement des eaux usées sur 848 (soit 47%) sont en état critique contre 39 % en 2022 en raison de défaillances de gouvernance qui ont laissé une grande partie des infrastructures en état de dégradation avancée, avec des rejets fréquents d’eaux brutes ou partiellement traitées dans les cours d’eau.

Pour rappel, face à cette crise systémique, le président Cyril Ramaphosa avait reconnu en février que de nombreuses municipalités sont désormais « dysfonctionnelles ». Le dirigeant a annoncé la création d’un comité national de crise pour l’eau, qu’il présidera lui-même, ainsi qu’un engagement de 156 milliards de rands sur trois ans pour les infrastructures d’eau et d’assainissement.