Dans un contexte international marqué par une recomposition des partenariats économiques, l’Égypte et la Finlande affichent leur volonté de renforcer leurs convergences. Une séquence diplomatique qui traduit, au-delà des déclarations, une évolution des priorités des deux pays.

Le rapprochement entre l’Égypte et la Finlande change d’échelle. En visite officielle au Caire ces 21 et 22 avril, le président finlandais Alexander Stubb a affiché, aux côtés de son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, une volonté de faire passer la relation bilatérale d’un partenariat commercial encore concentré sur quelques filières traditionnelles à une coopération plus large.

« L’un des objectifs de ce voyage est de développer les échanges commerciaux entre la Finlande et l’Égypte dans de nouveaux secteurs », s’est confié Alexander Stubb sur X. Abdel Fattah al-Sissi quant à lui précisé que les discussions avec le président finlandais ont touché « plusieurs secteurs, notamment ceux où la Finlande possède une expertise de pointe, tels que les télécommunications et les technologies de l’information, la transformation numérique, les énergies renouvelables, l’éducation, la santé, les industries de pointe, ainsi que le travail du bois et l’exploitation minière ».

19 entreprises finlandaises en prospection

Jusqu’ici, la relation économique entre les deux pays reposait largement sur le bois et les produits forestiers. Alexander Stubb indique que « l’Égypte est le principal marché d’exportation de marchandises finlandaises en Afrique et au Moyen-Orient. L’industrie forestière exporte du bois vers l’Égypte depuis un siècle ». En matière d’importations en général, les Douanes finlandaises révèlent que le pays a importé pour 80 millions d’euros depuis l’Égypte entre janvier et novembre. Il a en revanche exporté pour 384 millions d’euros vers l’Égypte, soit un excédent commercial de 304 millions d’euros en faveur de la Finlande.

C’est précisément ce déséquilibre que Le Caire et Helsinki cherchent à dépasser. La Finlande est perçue comme un partenaire crédible pour accompagner une montée en gamme technologique. Le déplacement du président finlandais — premier voyage présidentiel finlandais en Égypte depuis 2009 — s’est accompagné d’un forum d’affaires auquel a pris part une délégation finlandaise composée d’une vingtaine de grandes entreprises, comme Nokia, Elisa ou Solita, mais aussi des acteurs de la santé et des technologies médicales, avec Optomed, Planmeca ou Revvity, sans oublier KONE dans les équipements, Merus Power dans l’énergie, ou encore Stora Enso et Keitele Wood pour la filière historique du bois.

Cette diversité suggère que l’objectif n’est plus seulement de vendre des intrants ou des matières premières, mais de tester des partenariats à plus forte valeur ajoutée dans les infrastructures intelligentes, les solutions industrielles, la santé et la formation.

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L’Egypte, une plateforme stratégique

L’Égypte se présente aussi comme une plateforme industrielle et commerciale vers le Moyen-Orient et l’Afrique. Le gouvernement égyptien a mis en avant la zone économique du canal de Suez et l’accès au marché de la Zone de libre-échange continentale africaine, soit un espace de plus d’un milliard de consommateurs.

Le contexte régional donne à cette offensive économique une portée supplémentaire. Les présidents Stubb et al-Sissi ont discuté non seulement des relations bilatérales, mais aussi de Gaza, de l’Iran, du détroit d’Ormuz et, plus largement, des équilibres au Moyen-Orient. Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes logistiques, l’Égypte cherche à capitaliser sur sa position de carrefour régional, tandis que la Finlande semble vouloir sécuriser et diversifier davantage ses relais hors d’Europe.

Désormais, il reste attendu que les discussions économiques initiées se traduisent en projets signés. Car, malgré le potentiel mis en avant par les deux parties, l’Égypte représente encore moins de 0,5 % des exportations mondiales de la Finlande.