Comment analysez-vous la performance de la marque Renault au premier trimestre 2026 en Europe ?

Ivan Segal : C’est une performance stable, de bonne facture, à 6,4 % de part de marché. On peut relever que dans le périmètre VP, 65 % de nos ventes sont électrifiées, HEV, PHEV et BEV. L’essence accuse encore un recul à deux chiffres et notre part devient marginale sur cette énergie, ce qui est une volonté de la marque. Par ailleurs, la Clio 6 réussit ses débuts, avec 27 000 ventes en Europe, dont 50 % du mix en version hybride 160 chevaux. Le succès est manifeste auprès de la clientèle des particuliers.

Renault T1 2026 résultats

Au niveau du périmètre G5 du marché européen, vous insistez volontiers sur la haute tenue de vos valeurs résiduelles, un point particulièrement névralgique en ce moment, pouvez-vous nous en dire plus ?

Sur le G5, nous avons une part de marché Retail de 6,6 % et une croissance de 8,5 % dans ce canal. Renault figure aussi à la troisième place pour la part de marché sur le segment BEV. A propos des valeurs résiduelles, nous sommes satisfaits de ressortir à 54,2 %, avec 6 une différence de 6 points par rapport à nos concurrents. C’est un point sur lequel nous sommes très attentifs, en travaillant étroitement avec le réseau. Si vous observez le marché européen au premier trimestre, vous noterez que le segment des loueurs courte durée est en progression de 18 %, ce qui s’explique en partie par un effet de saisonnalité, mais pas seulement. Pour la marque Renault, nous avons mis des garde-fous pour éviter des problèmes ultérieurs de buy-back, quitte à perdre quelques points de part de marché d’ailleurs. Quand Tesla a déstabilisé le marché avec des remises significatives, nous avons dû baisser nos prix, mais nous l’avons fait en concertation avec le réseau. Nous resterons vigilants par rapport à cet engagement car nous savons que nous entrons dans une longue période de flottement liée à l’accélération de la transition énergétique.

Renault T1 2026 G5 UE

Parmi les KPI que vous nous présentez, apparaît celui de la fidélité à la marque, ce qui n’était pas le cas auparavant, pour quelles raisons ?

Dans le contexte actuel, c’est un indicateur très important. Et nos performances sont bonnes comme en atteste un taux d’intervention de 65 % de Mobilize Financial Services. L’évolution de l’indicateur sera intéressante à suivre.

Quelles sont les explications du franc rebond de Renault sur le segment des VU ?

Sur un marché global en légère progression, nous avons fait preuve d’un fort dynamisme, + 15,1 % pour 65 700 immatriculations et un gain de part de marché de 1,7 point. Nous sommes sur la deuxième marche du podium en Europe. Grâce à nos produits et notamment au nouveau Master qui a trouvé sa juste place après avoir fait face à quelques problèmes au tout début. Nous lançons aussi un nouveau label, baptisé « converted by renault » pour souligner l’importance de la transformation des VUL pour la marque et stimuler cette activité.

Renault T1 2026 VUL (LCV)

Un mot sur le lancement de la nouvelle Twingo et les performances en demi-teinte de la R4 ?

Si l’accueil est bon, il est trop tôt pour commenter le lancement de Twingo, qui vient d’avoir lieu en France, qui se passe en ce moment en Allemagne et en Italie, avant les autres pays européens d’ici juin. Pour la R4, le modèle est en croissance sur tous les marchés et la version découvrable, parfaitement dans l’esprit de la voiture, va lui donner un coup de boost. La R4 a enregistré 7 124 immatriculations au premier trimestre. C’est donc encourageant, même si cela n’a certes rien à voir avec les résultats de la R5, vu que le parallèle est souvent fait.

Renault T1 2026 BEV

Etes-vous satisfait par vos performances sur le marché des flottes ?

Tout à fait car nous sommes en croissance, y compris en France. Dans ce périmètre, nous sommes aussi très attentifs à la qualité de nos ventes. Tout en restant dans le marché, nous ne nous engageons pas dans la guerre des prix et des remises. Cela concerne surtout les grands comptes, les flottes importantes. Nous préférons parfois favoriser des ventes vraiment saines sur d’autres segments du marché.

Quelle est l’évolution de votre moyenne d’émission de CO2 ?

Cette valeur est encore en baisse, en lien avec l’électrification galopante. La moyenne se situe désormais à 90 g/km (ndlr : – 4 g en 9 mois). D’une manière générale, tout notre travail vise à trouver le bon équilibre entre volume, prix et CAFE. Sur le N1, les mois à venir s’annoncent denses.

Renault R4 show car découvrable RG (2026)