Une mort violente confirmée par le parquet 

Le bureau du procureur a précisé qu’une équipe accompagnée de médecins légistes et d’experts s’était rendue sur les lieux et avait examiné la dépouille de Seif al-Islam Kadhafi. « Cet examen a établi que la victime avait été mortellement atteinte par des balles », a indiqué le communiqué publié sur Facebook. 
Aucune information n’était disponible mercredi sur les funérailles du fils de l’ancien dirigeant, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et détenu après son arrestation en 2011. 

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Un assassinat minutieusement préparé 

Selon Kamel Almarache, co-auteur de Libye, des révolutionnaires aux rebelles, aux éditions Erik Bonnier « Il s’agissait d’un plan pour assassiner Seif al-Islam, établi de manière minutieuse par des parties mécontentes de sa présence à Zenten, il y a aussi la complicité de la part de la milice qui a capturé Seif Al-Islam en 2011 ». 
Les responsables exacts restent inconnus, mais l’expert libyen pointe la responsabilité de milices “Il s’agit de milices locales de Zenten. Deux semaines avant cet assassinat, certains chefs de milices de Zenten ont appelé publiquement, soit à la capture de Seif al-Islam, soit à le tuer ». 

Une Libye toujours sous le contrôle des milices 

Pour Kamel Almarache, l’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi illustre la situation sécuritaire critique dans le pays : « Le politique, c’est marginal en Libye. Le problème numéro 1 dans le pays, c’est la sécurité. Il y a des milices qui contrôlent 27 villes dans le nord-ouest de la Libye, et elles ne sont pas prêtes à déposer les armes ». Le journaliste ajoute que les autorités en place sont elles-mêmes dépendantes des milices : « Les milices profitent de la situation où il n’y a ni loi, ni règles. Le gouvernement de Abdelhamid Dbeibah a une grande responsabilité dans cette situation, car il dépend des milices pour sa survie. Seif al-Islam est une victime de cette insécurité qui règne en Libye ». 

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Des conséquences politiques limitées mais un symbole fort 

Si les répercussions politiques directes restent marginales, l’assassinat du fils de Mouammar Kadhafi pourrait avoir un impact symbolique, notamment sur les rapports de force entre milices et institutions : il illustre combien la sécurité, et non la politique, domine encore le paysage libyen. 
Pour l’heure, ni les autorités de Tripoli ni celles de l’Est du pays, contrôlées par le maréchal Khalifa Haftar, n’ont fait de commentaire public sur l’enquête en cours.