L’homme d’affaires se donne quatre à cinq ans pour réaliser un tel projet si les chefs d’Etats de la sous-région se mobilisent autour de cette ambition.
« Je peux donner mon engagement aux deux présidents (de la République) présents ici. S’ils soutiennent le projet de raffinerie, nous construirons ici (en Afrique de l’Est) la réplique identique à celle que nous avons au Nigéria, de 650 000 barils de pétrole par jour », a déclaré Aliko Dangoté, président du groupe éponyme à Nairobi ce jeudi lors de The Africa We Build Summit, s’adressant aux présidents William Ruto du Kenya et Yoweri Museveni de l’Ouganda. S’appuyant sur son expérience dans son pays, l’homme d’affaires estime qu’« il n’ y a pas de raison qu’un tel projet n’aboutisse pas si le soutien des gouvernements est effectif ». Le cas échéant, « le projet pourrait être concrétisé en quatre ou cinq ans », a-t-il confié.
Une usine nigériane qui revoit d’ailleurs à la hausse ses ambitions
Opérationnelle depuis janvier 2024, la raffinerie Dangote à Lekki a atteint sa pleine capacité – soit 650 000 barils – début 2026, devenant la plus grande raffinerie à train unique au monde. Le groupe prévoit déjà son extension pour atteindre à l’horizon 2030 une capacité d’environ 1,4 millions de barils par jour. Pour financer cette étape majeure, l’entreprise a mis en place un plan d’investissement de 40 milliards de dollars sur cinq ans incluant l’accroissement de sa production d’engrais d’urée, qu’elle compte financer via une IPO de la méga-usine sur plusieurs places boursières, dont la Nigerian Stock Exchange, la Johannesburg Stock Exchange, la Nairobi Stock Exchange et la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), avec qui des discussions seraient en cours. En Europe, la London Stock Exchange serait regardée avec intérêt pour attirer les investisseurs internationaux.
Une réponse à la géopolitique et géoéconomie internationales
Face aux tensions géopolitiques exacerbées par la guerre au Moyen-Orient et ses impacts sur le détroit d’Ormuz, l’entrepreneur défend l’idée de multiplier les raffineries sur le continent afin de mettre les pays à l’abri des vulnérabilités liées aux ressources dont ils disposent à l’état brut. « Il faut au moins trois raffineries en Afrique comme celle de Lekki », a-t-il déclaré, estimant qu’avec des usines de ces capacités, le choc en cas de crise internationale serait amorti. Pour maximiser la résilience du continent, les fonds que le groupe Dangote lèverait sur les marchés boursiers, contriburaient également à concrétiser des projets industriels de potasse et de phosphate en République démocratique du Congo (RDC) ou de cuivre en Zambie.