La rédaction de «Barlamane.com»
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11:49 – 4 février 2026
L’administration américaine a de nouveau laissé affleurer la possibilité de sanctions contre l’Algérie après l’acquisition d’avions de combat russes au moment même où Moscou officialisait la livraison des premiers appareils. Auditionné devant la commission des affaires étrangères du Sénat, Robert Palladino, chef du bureau des affaires du Proche-Orient au département d’État, a reconnu que «les informations relayées par les médias ont bien été portées à notre connaissance et qu’elles sont préoccupantes», précisant que ce dossier demeure suivi avec une vigilance soutenue par l’exécutif américain.
Au cours de son intervention, M. Palladino a rappelé que le département d’État reste tenu par les dispositions de la loi américaine Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA), soulignant que «des transactions de la nature de celles décrites peuvent conduire à une telle qualification». Il a ajouté que «cette question sera observée avec une attention constante», laissant entendre que des échanges plus approfondis pourraient se tenir ultérieurement avec des sénateurs à huis clos.
Évoquant les relations bilatérales avec Alger, le diplomate a déclaré que les États-Unis «travaillent étroitement avec le gouvernement algérien sur les dossiers où des terrains d’entente existent» tout en concédant que «les divergences demeurent nombreuses». Il a encore affirmé que l’achat d’équipements militaires russes «constituerait précisément un point de difficulté pour les États-Unis», indiquant que Washington «recourt aux leviers dont il dispose, le plus souvent de manière discrète, afin de défendre ses intérêts et de faire cesser des comportements jugés inacceptables».
Les Su-57E livrés à Alger entrent en service opérationnel
Ces déclarations interviennent alors que la Russie a annoncé avoir livré à l’Algérie les deux premiers chasseurs Su-57E, version export du Su-57, marquant la première cession internationale d’un avion de combat de cinquième génération autre que le F-35 américain. L’annonce a été faite cette semaine à l’occasion du salon aéronautique de Dubaï. Selon un responsable russe représentant le constructeur, ces appareils «ont été livrés, sont entrés en service opérationnel et démontrent leurs meilleures qualités».
Alger avait commandé quatorze exemplaires de ces aéronefs ultramodernes mais peu vendus, désignés par l’OTAN sous l’appellation Felon. Avec cette livraison initiale, l’Algérie devient le premier pays arabe et africain à se doter d’un chasseur russe de cinquième génération, une évolution présentée par Moscou comme conférant à l’armée de l’air algérienne une supériorité aérienne régionale marquée.