Le Sénégal confirme une dynamique de consolidation budgétaire qui renforce la crédibilité de son cadre macroéconomique. Selon le rapport trimestriel d’exécution budgétaire publié en avril 2026 par le Ministère des Finances et du Budget du Sénégal, le déficit public a été ramené à 6,44 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, soit 1 387,5 milliards de francs CFA, un niveau inférieur à la cible annuelle de 7,82 % fixée dans la loi de finances rectificative.
Cette performance traduit une gestion budgétaire jugée prudente par les autorités, soutenue par une mobilisation soutenue des recettes et une exécution maîtrisée des dépenses publiques. Pour les acteurs financiers et les partenaires au développement, cette évolution constitue un signal favorable en matière de discipline budgétaire et de stabilité macroéconomique.
Les recettes budgétaires ont enregistré une progression notable, atteignant 4 477,1 milliards de francs CFA, soit une hausse de 11,8 % par rapport à 2024. Cette dynamique s’explique en grande partie par la montée en puissance des secteurs pétrolier et gazier, qui ont contribué à renforcer les recettes fiscales, notamment à travers l’impôt sur les sociétés et les revenus financiers.
Les recettes non fiscales ont également dépassé les prévisions, portées par les dividendes publics, les revenus du domaine et les redevances issues des télécommunications. Toutefois, la mobilisation des dons extérieurs demeure en retrait, constituant l’un des principaux défis identifiés dans l’exécution budgétaire de l’année.
Du côté des dépenses, l’exécution globale s’est établie à 93,9 % des prévisions, traduisant une certaine rigueur dans la gestion des ressources publiques. Les dépenses ordinaires ont été quasiment intégralement exécutées, dominées par les charges de la dette, la masse salariale et les transferts courants, notamment les subventions au secteur énergétique.
En revanche, les investissements publics ont affiché un rythme plus modéré, avec une exécution de 78,4 %, particulièrement affectée par le ralentissement des financements extérieurs. Pour les investisseurs et institutions financières, cette situation souligne l’importance d’améliorer l’efficacité des mécanismes de décaissement et la coordination des projets structurants.
Ces résultats s’inscrivent dans un environnement macroéconomique favorable, marqué par une croissance du PIB estimée à 6,7 % en 2025, soutenue par le démarrage des projets énergétiques majeurs et l’expansion industrielle. L’inflation, maintenue à 1,4 %, renforce également la stabilité du cadre économique.
À l’horizon 2026, les autorités sénégalaises visent une réduction du déficit à 5,4 % du PIB, en conformité avec les critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Cette stratégie repose sur le renforcement de la mobilisation fiscale interne, la rationalisation des dépenses de fonctionnement et l’amélioration du taux d’exécution des investissements publics.
Cette trajectoire budgétaire traduit une volonté affirmée d’ancrer la gestion des finances publiques dans une logique de soutenabilité, condition essentielle pour soutenir l’industrialisation et la transformation économique du Sénégal.