Laurent Ozon, essayiste et expert en stratégie.

Selon vous, quelles sont les véritables motivations de George Soros ? Est-ce une idéologie universaliste sincère, une volonté de déstabilisation des États-nations, ou bien une stratégie de pouvoir financier et géopolitique plus cynique ?

George Soros est un pirate de la finance. Le cœur de son action peut être simplifié ainsi : il s’oppose à tout ce qui conforte les peuples majoritaires chez eux — leurs cultures, leurs normes, leurs institutions — et soutient souvent tout ce qui les affaiblit et les divise. Son rôle et celui de sa fondation recoupent celui d’autres organisations comme l’USAID ou la NED mais aussi désormais de l’UE. Sa tambouille philosophique personnelle s’inspire beaucoup de Karl Popper (il lui a d’ailleurs emprunté son concept de « société ouverte »). Pour Popper, la société dite «close» (et qui ne l’est que dans son esprit) — en gros tout ce qui caractérise le Maroc comme entité politique, spirituelle et culturelle — est l’ennemi. Pour Soros, « ouvrir » la société, c’est la démembrer, la désarticuler pour qu’aucune culture, institution souveraine, ni religion n’y domine plus, qu’aucun peuple ne puisse y faire appliquer ses normes et ses lois, que le politique soit rendu impuissant par le juridique et les contraintes de l’économie et des institutions internationales.