Le Pôle pénal économique et financier (PPEF)
En Côte d’Ivoire, le Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan examine une affaire de criminalité financière impliquant trois ressortissants sénégalais, poursuivis dans un vaste dossier d’escroquerie présumée et de blanchiment de capitaux. Awa Ndiaye, Bruno Ndour et Sene Joseph comparaissent dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte à la suite d’investigations sur un réseau opérant sous couvert d’activités liées à la société Qnet, une entreprise de vente directe souvent citée dans des affaires similaires à travers plusieurs pays.
Les trois accusés ont été interpellés puis placés sous mandat de dépôt depuis le 30 juin 2025. Leur comparution, tenue le jeudi 23 avril 2026 devant la juridiction spécialisée d’Abidjan, s’inscrit dans un dossier qualifié de transnational par les autorités judiciaires ivoiriennes, en raison de la circulation présumée de fonds entre plusieurs pays et de l’implication supposée de plusieurs intermédiaires.
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Selon l’accusation, le réseau aurait mis en place un système structuré de recrutement et d’investissement présenté comme une opportunité de gain rapide. Des victimes auraient été incitées à verser des sommes importantes, souvent sous forme de frais d’adhésion ou de participation à des programmes économiques, avant de se retrouver confrontées à des pertes financières sans retour sur investissement.
Le ministère public soutient que les trois prévenus auraient joué un rôle dans la gestion, la collecte ou la transmission des fonds issus de ces opérations. Ces accusations, si elles sont confirmées, pourraient relever de qualifications pénales lourdes, notamment l’escroquerie en bande organisée et le blanchiment de capitaux.
À la barre, Awa Ndiaye, Bruno Ndour et Sene Joseph ont fermement rejeté les charges retenues contre eux. Ils affirment ne pas avoir été conscients du caractère frauduleux des activités et soutiennent avoir agi dans un cadre qu’ils estimaient légal. Leur défense insiste sur une implication limitée, voire indirecte, dans les mécanismes financiers du réseau.
Cependant, les enquêteurs affirment avoir recueilli des éléments matériels et des témoignages qui tendraient à établir une participation active des prévenus dans la structuration et le fonctionnement du système incriminé.
Le procès se poursuit dans un climat de vigilance accrue des autorités ivoiriennes, qui multiplient les actions de lutte contre les réseaux d’arnaques financières. Le verdict est attendu pour le 21 mai prochain et devrait constituer une étape importante dans ce dossier, qui illustre les défis croissants liés aux fraudes financières transfrontalières en Afrique de l’Ouest.
Afriksoir
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