La commune de Mbour a franchi hier un nouveau cap dans la modernisation de ses services publics. Elle a procédé au lancement officiel d’un projet pilote de digitalisation de l’administration, une initiative portée par Sénégal Numérique, en partenariat avec le ministère des Finances et du Budget et plusieurs acteurs techniques et financiers.
Lors de la cérémonie de lancement, les autorités locales n’ont pas caché leur satisfaction face à l’enclenchement de ce programme structurant. Pour Cheikh Issa Sall, le maire de la commune de Mbour, cette démarche s’inscrit dans une dynamique irréversible de transformation de l’action publique. « La digitalisation est aujourd’hui un levier essentiel pour offrir des services plus rapides, plus transparents et davantage accessibles aux citoyens », a-t-il souligné.
A l’en croire, le choix de la commune de Mbour est stratégique. Sélectionnée parmi six collectivités pilotes, Mbour, vu son poids démographique, son dynamisme économique et sa position de carrefour entre Dakar et le Sud du pays, représente un terrain idéal pour expérimenter cette transformation numérique.
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Les responsables du projet mettent en avant une volonté claire : faire de Mbour un hub de déploiement d’infrastructures digitales capables de soutenir une réforme à grande échelle. « La ville constitue un noeud stratégique pour l’extension de nos réseaux et solutions numériques », a expliqué Souleymane Ba, le coordonnateur du projet pilote de digitalisation de l’administration publique.
Le projet s’articule autour de trois piliers fondamentaux. D’abord, le renforcement des infrastructures numériques pour garantir une connectivité fiable. Ensuite, la digitalisation des services publics, avec un accent particulier sur leur accessibilité et leur appropriation par les populations. Enfin, la sécurisation des systèmes d’information et des données, dans un contexte de menaces cybernétiques croissantes.
A cela s’ajoutent des actions de formation et de sensibilisation destinées aux agents administratifs et aux acteurs locaux, afin de faciliter l’appropriation des nouveaux outils.
Soucieuses d’adapter les solutions aux réalités locales, les autorités misent sur une approche participative. Des consultations sont prévues avec les leaders communautaires, les jeunes et les organisations locales pour mieux cerner les attentes des populations.
Dans cette première phase, les services concernés sont principalement les mairies, le Trésor public et les services fiscaux. L’objectif est clair : simplifier les procédures administratives et réduire les délais de traitement, souvent décriés par les usagers.
Au-delà de Mbour, les autorités plaident déjà pour une extension du projet à l’ensemble du territoire. L’enjeu, selon elles, est de parvenir à une interconnexion des services publics à l’échelle nationale. « Un citoyen, où qu’il se trouve, doit pouvoir accéder aux services administratifs sans contrainte géographique », a insisté un responsable communal, évoquant notamment les besoins des Sénégalais de la diaspora.
En filigrane, ce projet ambitionne de renforcer la transparence et l’efficacité de l’administration publique. En réduisant les lourdeurs bureaucratiques et en facilitant l’accès à l’information, les autorités espèrent améliorer significativement la qualité du service rendu aux citoyens.
Ce chantier s’inscrit dans la stratégie globale de transformation numérique du Sénégal, qui vise à bâtir une administration moderne, inclusive et résolument tournée vers les besoins des usagers.