Une nouvelle structure entend s’imposer dans le débat sur la régulation du numérique au Maroc. Réunis le 23 avril à Casablanca, avocats, consultants et spécialistes de la data ont officialisé le lancement de l’Association des praticiens du droit du numérique et de la data (APDND).
À ce stade, l’association regroupe 14 avocats, issus de plusieurs barreaux marocains — Casablanca, Fès et Tanger — ainsi que de juridictions étrangères, notamment Madrid et Paris.
Parmi les membres fondateurs figurent notamment Lina Fassi Fihri, Moulay El Hammoumi Idrissi, Mehdi Kettani, Myriame El Khiati, Zineb Hazzaz, Aida Bennani, Elias Khrouz, Kelly Hazan, Keltoum Boudribila, Iliass Segame, Hatim ElKhatib, Kawtar Jalal, Ahmad Hussein et Pierre Deprez.
Derrière cette initiative, une conviction : le numérique n’est plus un secteur d’activité, mais « la forme d’expression de l’économie actuelle », a déclaré Lina Fassi Fihri, présidente de l’association. L’avocate s’exprimait en ouverture de l’événement qui s’est tenu en présence d’Omar Seghrouchni, président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), salué comme un « soutien de la première heure ».
La présidente insiste sur un changement de paradigme qui impose, selon elle, une adaptation du cadre juridique. « Ne pas intégrer de normes reviendrait à renoncer aux acquis en matière de protection des consommateurs ou à limiter le droit bancaire », a-t-elle poursuivi, établissant un parallèle avec la régulation financière.
La donnée ressort, dans ce contexte, comme un actif stratégique. « Nos données personnelles méritent le même niveau d’exigence que nos avoirs financiers », a insisté Lina Fassi Fihri, soulignant que l’intelligence artificielle, « déjà partout », amplifie ces enjeux.
L’association défend une approche « pragmatique », adaptée au contexte marocain, sans reproduction mécanique des modèles étrangers. Elle articule son action autour de quatre priorités : protection des citoyens, attractivité pour les investisseurs étrangers, accompagnement des start-up à l’export et émergence d’une expertise juridique nationale en matière d’IA et de data.
Au-delà du plaidoyer, l’APDND ambitionne de se positionner comme un acteur de contribution, à la fois auprès des pouvoirs publics et des entreprises. L’objectif affiché est de participer à la construction d’un cadre normatif capable de protéger sans freiner l’innovation, dans une logique de « troisième voie ».
« J’espère que nous ne lançons pas aujourd’hui une énième association, mais une force de proposition concrète », a conclu Lina Fassi Fihri.
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