Dans certaines régions du globe, l’eau est particulièrement
rare. Elle peut même parfois faire l’objet d’un véritable culte.
C’est en tout cas ce que laisse entendre une nouvelle étude menée
par des archéologues égyptiens. Ces derniers ont analysé en détail
une structure gréco-romaine en briques rouges, découverte quelques
années plus tôt. Cette dernière, située dans le nord du Sinaï, a
rapidement été associée à des sièges pour le Sénat dirigeant
l’ancienne ville de Péluse. Mais de nouvelles recherches laissent
entendre une nature bien différente.

En effet, les chercheurs suggèrent que
cette structure
ne serait pas un bâtiment administratif de ce
type. Les archéologues égyptiens estiment que les choses seraient
bien différentes. Il s’agirait en réalité d’un bassin circulaire de
près de 35 mètres de diamètre. Le site disposerait par ailleurs de
plusieurs éléments intimement liés à l’eau. On y retrouverait ainsi
des réservoirs et des canaux directement reliés au Nil.

Une structure intimement liée à l’eau

Une équipe de chercheurs estime donc qu’il s’agirait d’un temple
probablement dédié au dieu local Pélusius, et non d’un bâtiment
dédié à la politique au sens propre du terme. Celui-ci aurait été
utilisé du IIᵉ siècle av. J.-C. jusqu’au VIᵉ siècle de notre
ère.

Il est par ailleurs important de noter que Pélusius provient de
mots grecs anciens signifiant « boue » ou « limon », un fait qui
renforce l’hypothèse d’un lieu de culte lié à l’eau. La ville de
Péluse est d’ailleurs passée sous domination grecque avant d’être
intégrée à l’Empire romain en 30 av. J.-C.

Une découverte importante pour les
archéologues

« Les fouilles en cours et les études comparatives ont
complètement transformé notre compréhension », explique Hisham
Hussein, responsable du département central des antiquités
maritimes et du Sinaï. « Nous savons désormais qu’il s’agissait
d’une installation sacrée liée à l’eau, utilisée dans des rituels
religieux, et non d’une structure politique. » Le responsable
a d’ailleurs qualifié cette découverte d’« incarnation
exceptionnelle de l’interaction civilisée entre l’Égypte et le
monde antique ».

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2000 ans avant les pharaons, l’Égypte étendait déjà son pouvoir
jusqu’au Sinaï

Toutefois, certains spécialistes restent sceptiques quant à ces
affirmations. L’égyptologue Steve Harvey, par exemple, a tenu à
rappeler que Pélusius restait une « figure obscure ».
Néanmoins, celui-ci semble enthousiaste à l’idée d’une poursuite
des recherches, qui devraient nous en apprendre plus sur cette
mystérieuse structure circulaire. Si l’existence passée d’un tel
lieu de culte est confirmée, il s’agirait d’un « exemple
spectaculaire de l’existence d’un temple dédié à une divinité
jusqu’ici attestée uniquement dans les sources classiques »,
selon le spécialiste.

Les recherches se poursuivent
en Égypte

Il faudra donc être patient, et attendre que de nouvelles
fouilles archéologiques viennent confirmer ou infirmer cette
hypothèse. Et, bonne nouvelle, l’Égypte semble être sur la bonne
voie. Le ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, Sherif
Fathy, a en effet affirmé que son institution était prête à «
poursuivre les fouilles et les études scientifiques sur le site
».

Ce n’est pas la première fois qu’un sanctuaire oublié refait
surface en Égypte. L’un d’entre eux, associé au pharaon Niouserrê,
a
refait surface
après presque 4 500 ans. Mieux encore : le
temple d’Abou Simbel a été
sauvé des eaux
grâce à une grande opération de sauvetage
initiée par l’UNESCO.

Source : Egyptian Ministry of Tourism and
Antiquities