Il y a quinze ans, changer la batterie de son téléphone prenait dix secondes. On soulevait la coque, on clipsait la nouvelle, on repartait. Puis les constructeurs ont scellé leurs appareils, collé les accumulateurs au châssis et le remplacement est devenu une opération à 80 euros en boutique. La Commission européenne vient de décider que cette parenthèse avait assez duré.
La loi change complètement notre quotidien
Le règlement, adopté dans le cadre du Green Deal, fixe une date butoir nette, le 18 février 2027. Passé ce jour, un nouveau smartphone ou une tablette mis en vente sur le marché européen devra intégrer une batterie que n’importe qui peut extraire à mains nues ou avec un outil classique. Si un accessoire dédié reste nécessaire, le fabricant devra le fournir dans la boîte, sans surcoût.
Mais la loi ne s’arrête pas au geste technique. Les batteries de rechange devront rester en stock sept ans après le retrait d’un modèle du marché, avec une expédition sous cinq à dix jours ouvrables. Les mises à jour logicielles devront suivre pendant au moins cinq ans. De ce fait, l’Europe veut tuer dans l’œuf la logique du téléphone qu’on jette au bout de deux ans parce que la batterie ne tient plus une journée.
Les iPhone et Galaxy S seront probablement épargnés
Deux conditions permettent à un appareil d’échapper à l’obligation.
Afficher au minimum une certification IP67.
Embarquer un accumulateur qui tient encore 80 % de sa capacité d’origine au bout de 1 000 recharges complètes.
Les smartphones premium qui cochent ces deux cases comme les iPhone dévoilés prochainement par le nouveau PDG, les Samsung Galaxy S, la plupart des Pixel. Le règlement se focalise surtout sur l’entrée et le milieu de gamme, là où les appareils sont souvent les moins durables et les premiers à finir au fond d’un tiroir.
Une étiquette énergie comme pour les frigos
L’autre nouveauté, moins commentée, mais tout aussi intéressante, concerne l’arrivée d’une étiquette énergétique obligatoire en magasin. Il y aura le même type de vignette qu’on connaît sur les lave-linge ou les réfrigérateurs, mais elle sera adaptée aux smartphones. On trouvera une classe d’efficacité de A à G, l’autonomie annoncée, la résistance aux chutes notée de A à E, le nombre de cycles de batterie supportés, l’indice de réparabilité ainsi que la certification IP.
Il suffira de poser deux boîtes côte à côte en rayon pour voir lequel des deux téléphones tiendra le plus longtemps.
Après l’USB-C universel imposé en 2024, les obligations en termes de réparation entrées en vigueur mi-2025, ce texte confirme que Bruxelles avance méthodiquement. L’Europe dessine un cadre où le smartphone n’est plus un produit jetable, mais un objet qu’on entretient. Il reste plus qu’aux fabricants à transformer leurs chaînes de production.