Le Maroc met en garde depuis longtemps contre la gravité de la situation dans plusieurs pays du Sahel, dont le Mali, et contre la nécessité de renforcer leurs gouvernements et leurs institutions face aux menaces terroristes et séparatistes, ce qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative atlantique lancée par le roi Mohamed VI, qui met à disposition les ports atlantiques marocains pour la commercialisation des produits de ces pays du Sahel, dans le but de développer leur économie, d’améliorer l’emploi et d’assurer une plus grande stabilité et sécurité.

Le communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères, dirigé par Nasser Bourita, condamne avec la plus grande fermeté les attentats terroristes dont a été victime le Mali et qui ont coûté la vie à son ministre de la Défense, Sadio Camara, et exprime sa pleine solidarité avec la République du Mali ainsi que son soutien à ses efforts pour préserver sa sécurité, sa stabilité et son intégrité territoriale.

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Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, tué dans un attentat terroriste.

Cette position s’inscrit dans la cohérence de la diplomatie marocaine fondée sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États. À ce titre, elle condamne toutes les formes de terrorisme, sans distinction, rejette toute tentative de déstabilisation ou de fragmentation des États et soutient les efforts nationaux visant à garantir la sécurité et la stabilité.

Lien avec le Sahara marocain

Depuis plusieurs années, le Maroc met constamment en garde contre les liens entre les groupes terroristes et les mouvements séparatistes, qui constituent un facteur aggravant d’instabilité dans la région. Les événements récents au Mali, en particulier les interactions observées entre le JNIM et des éléments associés au Mouvement national de libération de l’Azawad, démontrent que l’orientation marocaine s’inscrit dans la réalité, car ces menaces ne peuvent plus être traitées comme des questions distinctes. ⁠Toute collusion entre le séparatisme armé et le terrorisme au Sahel est inacceptable pour garantir la sécurité dans l’ensemble du Sahel.

⁠Il convient de noter que ces attaques s’inscrivent dans un contexte régional et diplomatique particulier, marqué par une évolution récente des positions du Mali sur certaines questions stratégiques, parmi lesquelles figure notamment le retrait de la reconnaissance de la pseudo-RASD.

Dans ce contexte, le moment où ces événements se produisent exige une lecture attentive des dynamiques en jeu, en mettant l’accent sur ceux qui pourraient tirer profit de la déstabilisation, non seulement du Mali, mais aussi de toute la région du Sahel, comme pourrait l’être l’Algérie, à en juger par ses actions et ses décisions.

Le Maroc insiste sur la nécessité d’adopter des positions coordonnées face aux menaces qui pèsent sur les pays du Sahel, soulignant l’importance de l’unité d’action contre le terrorisme et les initiatives séparatistes, à un moment crucial où la nature de la situation devient chaque jour plus complexe et changeante, ce qui le conduit à réaffirmer son engagement à renforcer le respect de la souveraineté des États.

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The Malian Defense Minister, killed in a terrorist attack, during a visit by Russian Foreign Minister Sergei Lavrov.

Unité face au terrorisme et au séparatisme

⁠Il convient de souligner que le communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères a de nouveau recentré l’attention sur l’essentiel, en condamnant sans réserve les attentats terroristes contre le Mali, en exprimant sa pleine solidarité avec l’État malien, ses institutions et son peuple, ainsi qu’en apportant son soutien à la stabilité et à l’intégrité territoriale du pays. Il se concentre sur les principes et sur le partenaire malien, sans se disperser dans la polémique.

Compte tenu de la gravité des événements, le Maroc réitère son soutien aux États, à la souveraineté et à la lutte contre le terrorisme face à d’autres acteurs régionaux qui, quant à eux, se placent régulièrement du côté de l’ambiguïté, de la manipulation ou de l’instrumentalisation des crises.

La situation actuelle a confirmé l’existence d’une offensive médiatique algérienne coordonnée visant à exploiter les attaques au Mali. Les réseaux sociaux, les médias alternatifs et les plateformes proches des mouvements séparatistes ont tenté d’imposer un discours unique : un Mali affaibli, des décisions diplomatiques erronées, un prétendu retour inévitable au chaos.

Les manœuvres de communication algériennes ne relèvent pas d’une analyse, mais de la guerre psychologique, par la diffusion de rumeurs sur la fuite des dirigeants maliens, l’exagération des pertes, des annonces non vérifiées, des scénarios d’effondrement institutionnel, dans le but de saper la confiance interne du Mali et d’affaiblir l’image extérieure de Bamako.

El ministro de Asuntos Exteriores de Malí, Abdoulaye Diop, tras una reunión con su homólogo marroquí, Nasser Bourita
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, après une rencontre avec son homologue marocain, Nasser Bourita.

Le Mali et le Maroc

⁠ ⁠Le rapprochement entre le Maroc et le Mali, la reconnaissance par le Mali de la marocanité du Sahara et le recul du discours séparatiste ont constitué un revers stratégique pour le régime algérien. Par conséquent, la déstabilisation narrative du Mali semble être une tentative de revanche géopolitique où la position officielle algérienne reste prudente, tandis que des comptes sur les réseaux sociaux et des influenceurs radicaux sont utilisés pour discréditer le pays.

Certains médias ont tenté d’utiliser la question de l’Azawad comme un miroir artificiel du Sahara marocain. Cette comparaison est fallacieuse. Le Sahara marocain s’inscrit dans une dynamique internationale de solution politique crédible autour de l’autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le cas malien répond à une problématique interne marquée par la violence armée et l’imbrication avec des groupes terroristes.

Les attaques contre les partenaires du Mali, en particulier le Maroc, les Émirats arabes unis ou d’autres soutiens, visent à isoler Bamako. Si ces alliances font l’objet de tant d’attaques, c’est précisément parce qu’elles sont importantes et qu’elles bouleversent les équilibres régionaux.

En Afrique, le Maroc soutient les États face au terrorisme et aux séparatistes qui visent la fragmentation et la division, avec le soutien de certains acteurs qui cherchent à semer l’instabilité au Sahel.

Le Mali ne représente pas seulement une crise sécuritaire, mais constitue également un cas révélateur des méthodes de déstabilisation régionale.