​Face à la recrudescence de l’instabilité au Sahel et aux tentatives de désinformation visant son rôle régional, l’Algérie a réaffirmé, par la voix de son ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, les constantes de sa doctrine diplomatique. Entre refus catégorique du terrorisme et attachement à l’intégrité territoriale du Mali, Alger privilégie plus que jamais la solution politique interne.

​Le silence de la diplomatie algérienne a laissé place à une parole ferme et structurée. Alors que des canaux médiatiques, notamment en provenance du Maroc, ont multiplié ces derniers jours les lectures insidieuses sur l’implication supposée de l’Algérie dans les tensions maliennes, Alger a choisi la voie de la clarification officielle. Lors d’une déclaration solennelle ce 27 avril 2026 relayée par  Algérie Presse Service ( APS),   Ahmed Attaf a réitéré les positions de principe qui constitue le socle de  la diplomatie algérienne.

​Un rejet du terrorisme dicté par l’expérience

​Le premier axe de cette mise au point concerne la lutte antiterroriste. Le chef de la diplomatie algérienne a réitéré le « refus absolu et catégorique » de toutes les formes de terrorisme. Cette position, loin d’être théorique, est présentée comme étant dictée par l’expérience amère de l’Algérie avec ce fléau, en référence à la décennie noire. En précisant que le terrorisme ne peut être toléré « quels qu’en soient les motifs », Alger coupe court aux accusations de complaisance et rappelle sa position de pionnier dans la lutte sécuritaire transfrontalière.

​ »L’unité du Mali », une ligne rouge

​Au-delà de l’aspect sécuritaire, l’Algérie insiste sur la « sacralité » de l’unité malienne. Ahmed Attaf a souligné que le soutien de l’Algérie va prioritairement à l’unité du Mali, tant au niveau de son territoire que de son peuple et de ses institutions. Cette déclaration intervient dans un contexte de fragmentation où les solutions militaires et l’intervention de forces étrangères — dont Alger appelle implicitement au retrait au profit de solutions souveraines — n’ont fait qu’exacerber les fractures.

La cohésion nationale comme unique rempart

​Pour la diplomatie algérienne, la sortie de crise ne peut être que politique. Le communiqué officiel  met en avant le renforcement de la cohésion nationale comme étant le meilleur bouclier et le seul rempart sur lequel on peut compter pour éradiquer durablement l’instabilité.

​En rappelant que la solution doit émaner d’un consensus malien interne– en référence à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger et signé en 2015 entre l’État malien et  la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’Algérie réaffirme son rôle de médiateur historique et rejette les tentatives d’ingérence étrangère ou les narratifs hostiles cherchant à déstabiliser son voisinage immédiat. Il faut rappeler enfin que c’est la junte militaire qui a rompu les termes des accords d’Alger.

La rédaction