Société
La France et l’Algérie relancent leur coopération migratoire. Grâce au déblocage des laissez-passer consulaires par Alger suite à la visite de Laurent Nuñez en février, les expulsions de ressortissants sous OQTF reprennent, marquant un début de normalisation entre les deux pays.
Publié le 28 avril 2026 à 17h15

Alger a accepté de délivrer les laissez-passer nécessaires à la mise en place des expulsions hors du territoire français. Photo © © GUIBBAUD-POOL/SIPA
Les services migratoires français enregistrent une reprise significative des expulsions de ressortissants algériens vers leur pays d’origine, a appris France Info. Ce redémarrage opérationnel, resté discret, marque une étape clé dans la normalisation des relations entre Paris et Alger.
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Le pivot de cette reprise réside dans la délivrance régulière de laissez-passer consulaires par les autorités algériennes. Ces documents sont indispensables à l’exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF) lorsqu’un ressortissant est dépourvu de document d’identité valide. Sans cette coopération consulaire, l’éloignement forcé du territoire français demeure juridiquement et techniquement impossible.
Selon les informations recueillies par les journalistes de France Info, le rythme des retours s’est accéléré ces dernières semaines. À titre d’exemple, sept reconduites effectives vers l’Algérie ont eu lieu récemment en une seule journée.
L’effet de la visite de Laurent Nuñez
Ce réchauffement des relations et de la coopération technique entre les deux pays fait suite à la visite à Alger, en février dernier, du préfet de police de Paris, Laurent Nuñez. Ce déplacement visait spécifiquement à relancer le dialogue sécuritaire et migratoire, souvent entravé par des tensions diplomatiques récurrentes entre les deux capitales.
Pour le ministère de l’Intérieur français, l’objectif est d’augmenter le taux d’exécution des OQTF. Côté algérien, ce geste est perçu comme une volonté de stabiliser les rapports bilatéraux, tout en maintenant une approche prudente. Si ce volet opérationnel semble désormais fluide, plusieurs points de friction diplomatiques subsistent, limitant pour l’heure un réchauffement total et officiel des relations.
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