l’essentiel
Un mois après la disparition de Manon Relandeau, son conjoint a été arrêté en Algérie en présence de leur fille Inaya, âgée de quinze mois. Alors que la mère de l’enfant est toujours introuvable et qu’une enquête pour « meurtre par conjoint » a été ouverte en France, que va-t-il se passer pour la petite fille ?
Depuis le 27 mars, Manon Relandeau reste introuvable. Cette habitante de Saint-Étienne-de-Montluc, en Loire-Atlantique, a disparu et n’a toujours pas été retrouvée. Cette semaine, son conjoint, Abdelkarim B., considéré comme le principal suspect, a été interpellé en Algérie par les autorités locales. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme a quitté la France quelques jours après la disparition de la jeune femme, avec leur petite fille à bord d’un vol à destination de l’Algérie.
Alors que les autorités judiciaires françaises et algériennes collaborent actuellement sur ce dossier, de nombreuses incertitudes demeurent pour la suite de la procédure. La France et l’Algérie n’extradant généralement pas leurs propres ressortissants, une question se pose : la famille maternelle pourra-t-elle obtenir la garde de l’enfant âgée de 15 mois et espérer son retour en France ?
Ce que dit la loi algérienne
Si la fillette possède la nationalité française, l’Algérie peut également considérer qu’elle est de nationalité algérienne sur son territoire. Dans ce cas, même si la justice française statue sur la garde de l’enfant et l’attribue à la mère ou à la sœur de la disparue, rien n’assure que l’Algérie applique cette décision.
Selon le droit algérien, lorsqu’un enfant ne peut être remis à son parent légal, qu’il s’agisse de la mère ou du père, et qu’un membre de la lignée maternelle est présent sur le territoire, la garde est prioritairement confiée à cette dernière. Dans cette affaire, la fillette pourrait ainsi être placée sous la responsabilité de la grand-mère maternelle du principal suspect. À défaut, la garde reviendrait alors à la grand-mère paternelle.
« Je veux juste récupérer ma fille et ma petite-fille »
Depuis l’Algérie, le principal suspect a assuré que Manon était vivante. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il assure ne pas avoir « fui » et que le voyage était « prévu ». Selon la mère de la disparue, elle préparait sa séparation et constituait un dossier contre son compagnon. Selon Le Parisien, Manon Relandeau avait même contacté une association d’aide aux victimes de violences conjugales.
« Il faut qu’il nous dise la vérité. Moi, je veux juste récupérer ma fille et ma petite-fille. Je ne sais pas si elle est au ciel, je ne sais pas si elle est en détresse, je n’en peux plus… », a déclaré sa mère au micro de RTL, juste après son arrestation. Abdelkarim B. avait déjà été condamné pour des violences à l’encontre de son ancienne compagne.