L’étude paneuropéenne réalisée par DKV Mobility fait apparaître que le diesel reste la motorisation majoritaire dans les flottes européennes, représentant environ 37 % des véhicules, suivi par l’essence (32 %) selon les données du rapport. Les motorisations électrifiées (100 % électriques, hybrides rechargeables et mild-hybrid) progressent mais demeurent minoritaires. L’étude souligne également l’essor du HVO 100, utilisé par une large part des entreprises disposant de véhicules diesel, avec un taux d’adoption atteignant 72 % au global.
Un podium composé par les Pays-Bas, l’Allemagne et la France
Les écarts entre pays sont marqués. Les Pays-Bas se distinguent par la plus faible part de diesel (23 %) et la plus forte proportion de véhicules 100 % électriques (21 %), tandis que l’Europe de l’Est reste en retrait. L’Allemagne, elle, affiche une part de véhicules 100 % électriques supérieure à la moyenne européenne (16 % par rapport à 12 %) au même titre que la France qui vient compléter le podium (15 %). Notons encore que les pays du Sud de l’Europe (Espagne et Italie) rattrapent leur retard et ont dépassé le seuil de 10 %.
Une pression croissante sur les gestionnaires de flottes
Trois enjeux viennent aujourd’hui complexifier la gestion de flotte et placer les gestionnaires sous tension : la pression sur les coûts (76 %), les exigences de durabilité (73 %), et la complexité croissante liée à l’électrification (70 %). Comme le souligne l’étude, la question de la maîtrise des coûts représente le challenge le plus difficile à relever pour les gestionnaires. La gestion des véhicules électriques et de l’écosystème de la recharge ajoute encore une couche de complexité, particulièrement en Allemagne où 67 % des répondants citent ce point comme un défi majeur. D’une manière générale, les gestionnaires de flottes français sont les plus anxieux du G5 européen de l’étude de DVK Mobility (Pays-Bas, Allemagne, Italie, Espagne et France). Sur tous les items de challenges, leur score est au-dessus de la moyenne. A l’inverse, les Pays-Bas et – étonnement – l’Espagne apparaissent comme les marchés où ces difficultés sont perçues comme les moins intenses.
Une dynamique d’électrification bien engagée y compris à l’Est
Plus de 56 % des entreprises prévoient d’augmenter la part de véhicules 100 % électriques dans les deux ans à venir, contre seulement 15 % qui envisagent une baisse. La tendance est particulièrement forte en Roumanie, où 74 % des entreprises projettent une hausse. Les motorisations thermiques et hybrides légères devraient reculer : 36 % des entreprises prévoient d’en réduire le nombre. Les hybrides rechargeables conservent un rôle important, avec 40 % des entreprises prévoyant d’en acquérir davantage.
La taille de l’entreprise joue un rôle déterminant : 66 % des organisations de plus de 500 salariés prévoient d’accroître leur flotte électrique, contre 50 % des petites structures. Le secteur du transport se montre le plus volontariste, avec 64 % d’intentions d’augmentation.
« En outre, plus la flotte de véhicules est grande, plus les challenges sont perçus de manière pressante par les gestionnaires », relèvent les experts de l’étude.
Des freins persistants à lever
Malgré l’impulsion de l’électrification qui est désormais actée, souvent pour des raisons fiscales, les obstacles restent nombreux. Les trois principaux freins identifiés sont : le coût d’acquisition des véhicules (73 %), la faible autonomie perçue (71 %), l’insuffisance de l’infrastructure publique (69 %). Les prix de l’électricité, les coûts de maintenance et les incertitudes réglementaires complètent la liste.
Les Pays-Bas se distinguent par une perception beaucoup moins marquée de ces obstacles, alors que la Pologne et la Roumanie les ressentent plus fortement. Cette fois, les gestionnaires français ne sont pas les plus inquiets, même s’ils ressortent au-dessus de la moyenne sur les items des tarifs élevés de l’électricité et du coût d’achat et de maintenance des véhicules 100 % électriques.
Pour accélérer la transition, les entreprises identifient trois leviers prioritaires : la baisse des prix des véhicules (35 %), la réduction du coût de l’électricité (27 %) et l’amélioration de l’autonomie (25 %). Deux autres éléments sont intéressants à relever. D’une part, la fiabilité des valeurs résiduelles des véhicules électriques n’est pas un motif d’inquiétude et d’autre part, l’acceptation de la technologie par les employés n’apparaît plus comme un obstacle.
Des infrastructures de recharge déjà bien implantées en entreprise
Près de 90 % des entreprises équipées de véhicules électriques disposent de leur propre infrastructure de recharge. Les bornes rapides dominent (60 %), mais l’Allemagne se démarque par un usage très élevé des wallboxes (61 %, largement au-dessus de la moyenne de 39 % ou de la France pourtant deuxième derrière l’Allemagne avec 44 %).
Par ailleurs, l’étude pointe que les projets de développement des infrastructures se poursuivent : 70 % des entreprises prévoient d’investir dans de nouvelles installations dans les deux années à venir, avec une dynamique particulièrement forte en Italie, en France et aux Pays-Bas. Là encore, les grandes entreprises et le secteur du transport sont logiquement les plus engagés. En France, 98 % des groupes de plus de 500 employés comptent investir dans les infrastructures.
Où les véhicules électriques se rechargent-ils réellement ?
Le site de l’entreprise reste le lieu de recharge principal (47 % des usages), devant les bornes publiques (31 %) et la recharge à domicile (19 %). L’Europe de l’Est se distingue par un recours plus important aux infrastructures publiques.
En somme, l’étude DKV Mobility montre une Europe engagée dans l’électrification, mais encore freinée par des obstacles économiques et structurels. Si les grandes entreprises et certains pays comme les Pays-Bas ou l’Allemagne sont les locomotives de la transition, les disparités restent fortes. L’enjeu des prochaines années sera de lever les barrières identifiées (coûts, autonomie, infrastructures, ça va mieux en le rappelant !) pour permettre une électrification plus homogène et encore plus rapide des flottes professionnelles.

