C’est le bilan du rapport du service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) pour l’année 2025.
Incendies, vagues de chaleur et sécheresse n’ont par épargné le continent européen l’an dernier : de l’Arctique à la Méditerranée, 95% du territoire a été touché par des températures annuelles supérieures à la moyenne, et leurs conséquences.
Les eaux européennes ont également subi un stress thermique important, mesuré par la température moyenne annuelle de la surface de la mer (SST). Elle a encore augmenté, pour la quatrième année consécutive, et atteint 10.94°C (+0.65°C par rapport à la moyenne). En Méditerranée, la SST a atteint les 21.35°C, soit 1.03°C au-dessus de la moyenne, légèrement en-dessous des valeurs record de 2024 (21.50°C). Les herbiers de posidonies, ces prairies marines qui rendent de nombreux services écosystémiques en protégeant le littoral de l’érosion, en abritant la biodiversité et en stockant du carbone, ont particulièrement souffert.
Des conditions de vague de chaleur marine « sévère » se sont également produites en mer de Norvège durant l’été 2025, la SST quotidienne moyenne atteignant les 15.5°C, soit 3°C de plus que la moyenne habituelle. « En 2025, un record de 86 % de la région océanique européenne (hors zones couvertes de glace) a connu au moins une journée avec des conditions de vague de chaleur marine « forte ». Pour les seules conditions « sévères » ou « extrêmes », la proportion a atteint 36 %, également un niveau record », indique le rapport, accessible en ligne. En Islande et au Groenland, les pertes de glace se comptent en dizaines de gigatonnes.
Cette situation déjà critique pourrait encore s’aggraver, avec le retour probable d’El Niño à partir de l’été. Survenu en 2023-2024, le dernier épisode El Niño, qui correspond à une anomalie chaude des eaux de surface sur le centre et l’est du Pacifique équatorial, avait été l’un des cinq les plus intenses jamais enregistrés. Associé au réchauffement climatique d’origine humaine, il avait contribué aux records de températures mondiales enregistrées en 2024, sur terre et en mer.
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