Un des principaux acteurs de l’industrie aurifère en Afrique de l’Ouest, Endeavour Mining a bâti sa croissance sur un portefeuille d’actifs concentré dans la région. En quête de nouveaux relais de croissance, le groupe amorce désormais une ouverture progressive vers d’autres zones minières.
La compagnie minière Endeavour Mining commence à étendre ses activités au-delà de l’Afrique de l’Ouest. Elle a annoncé cette semaine un investissement d’environ 28,2 millions de dollars australiens, soit près de 17 millions d’euros, dans la société Altair Minerals, active sur le projet aurifère Greater Oko, situé au Guyana.
Dans le détail, l’opération devrait permettre à Endeavour de détenir près de 10 % du capital de cette junior minière spécialisée dans l’exploration. Le financement vise à accélérer les travaux sur le site, à travers l’intensification des campagnes de forage et l’élargissement des activités sur un vaste périmètre encore peu exploité. L’objectif affiché est d’évaluer le potentiel du projet et d’identifier de nouvelles ressources aurifères dans une zone jugée prometteuse sur le plan géologique.
Au-delà de l’apport financier, les deux entreprises prévoient de mettre en place un comité technique commun afin de partager leurs expertises. Cette coopération doit permettre d’optimiser les travaux sur le terrain, dans une région qui présente, selon Altair Minerals, des caractéristiques géologiques proches de celles exploitées en Afrique de l’Ouest.
Une expansion hors d’Afrique déjà amorcée
Ce nouveau partenariat n’est pas la première incursion du groupe hors du continent africain. En effet, Endeavour avait déjà annoncé en 2025 un accord pour créer une coentreprise avec la société East Star Resources afin de développer des actifs aurifères au Kazakhstan.
Selon les termes de cet accord, le groupe peut prendre progressivement le contrôle de la coentreprise via un mécanisme d’investissement par étapes. Une première tranche prévoit un apport de 5 millions de dollars sur deux ans, permettant d’atteindre une participation majoritaire. Des financements complémentaires, pouvant porter le total à 25 millions de dollars, doivent ensuite lui permettre d’augmenter sa part et d’accompagner le développement du projet jusqu’aux études de faisabilité.
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Des enjeux de renouvellement des ressources
Ces développements interviennent alors qu’Endeavour Mining a produit environ 1,21 million d’onces d’or en 2025, en hausse de 10% sur un an, grâce notamment à ses opérations en Afrique de l’Ouest. Le groupe y exploite plusieurs mines, au Burkina Faso, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, où la montée en puissance de nouveaux actifs a soutenu la progression de la production.
Si cette dynamique reste favorable, elle s’accompagne d’un enjeu central pour le groupe, celui du renouvellement de ses réserves. Endeavour s’est fixé pour objectif de découvrir entre 12 et 15 millions d’onces de nouvelles ressources d’ici 2030, afin de prolonger la durée de vie de ses mines et soutenir sa croissance future.
Dans cette perspective, l’exploration de nouveaux territoires apparaît comme un complément aux activités existantes. La direction du groupe insiste toutefois sur le fait que cette ouverture ne remet pas en cause la priorité accordée à l’Afrique de l’Ouest.
« Nous voyons toujours un fort potentiel en Afrique de l’Ouest. Nous ne tournons pas le dos à la région, bien au contraire », avait déclaré le directeur général Ian Cockerill fin 2025. « Si nous faisons ces premiers pas en dehors de l’Afrique de l’Ouest, c’est dans une logique de long terme, pour identifier les mines que nous développerons dans les années 2030 », a-t-il ajouté.
Reste à voir si cette stratégie d’expansion permettra au groupe de sécuriser de nouveaux gisements et l’impact qu’elle aura sur ses revenus dans un contexte de marché incertain. Après une forte hausse en 2025, marquée par de nombreux records, les prix de l’or ont récemment montré des signes de ralentissement dans un environnement géopolitique plus volatil.