Dans son récit, présenté comme un résumé de faits, le père de Dorine Dogba affirme que sa fille aurait été entraînée dans un projet d’intervention esthétique de type BBL, une pratique consistant à remodeler la silhouette par réinjection de graisse. Il explique qu’un individu, désigné comme Dr. X, aurait mis près d’un mois à convaincre la jeune femme qu’un certain Dr. Y était capable de lui offrir « la forme qu’elle souhaitait ». Chirurgie esthétique : Un BBL vire au drame en Côte d’Ivoire.
Le vendredi 24 avril 2026, poursuit-il, Dorine Dogba aurait été conduite dans une supposée clinique qui n’était en réalité, selon ses propos, qu’une villa banalisée. Sur place, toujours d’après ce témoignage, Dr. Y aurait instruit un anesthésiste, identifié sous les initiales M. Z, de procéder à l’anesthésie avant l’intervention.
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Le récit prend alors une tournure dramatique. « C’est alors, M. Z. chargea sa seringue d’une substance qui reste encore à déterminer. Puis, impitoyablement, l’individu déchargea le contenu du tube mortel en sa possession dans les veines de ma fille. Et, subitement, le cœur de la petite s’arrêta et la plongea dans un coma profond », rapporte le père, dans des propos d’une rare gravité.
Selon lui, les trois individus présents auraient tenté, sans succès, de réanimer la victime, avant de solliciter en urgence une ambulance. C’est à ce moment qu’un proche de Dorine, désigné comme M. A, serait arrivé sur les lieux et aurait informé la famille. Après plusieurs jours d’attente, le décès de la jeune femme est finalement annoncé le mardi 28 avril. « Voici le bref résumé d’une affaire qui connaîtra, certainement, beaucoup de rebondissements », conclut-il.
Dans un message empreint d’émotion, le père de Dorine Dogba a également tenu à remercier les nombreux soutiens reçus sur les réseaux sociaux, tout en lançant un appel à la mobilisation. « Ma fille est morte, elle ne reviendra plus jamais en vie. […] Ce que je voudrais vous demander est qu’on joigne nos forces pour se dresser contre ces opérations d’esthétique illégales », insiste-t-il, dénonçant des pratiques menées par « de véreux chasseurs de fortunes ».
Au-delà de ce drame, l’affaire met en lumière un phénomène grandissant en Côte d’Ivoire. De plus en plus de jeunes filles se tournent vers des interventions esthétiques comme le BBL, dans l’espoir d’obtenir des formes jugées idéales, marquées par des rondeurs généreuses et une silhouette valorisée sur les réseaux sociaux. Cette quête expose certaines d’entre elles à des structures clandestines, souvent dépourvues des garanties sanitaires nécessaires.
Le cas du pseudo praticien connu sous le nom de Dr Tanoh Daniel illustre cette dérive. À Abidjan, notamment dans la commune de Yopougon, cet individu exercerait dans une villa transformée en clinique. Sur TikTok, plusieurs jeunes femmes ont témoigné de leurs expériences, évoquant des interventions ratées, des complications graves et, pour certaines, des accusations particulièrement graves. Une mère a notamment affirmé que sa fille aurait perdu la vie dans des circonstances similaires lors d’une opération pratiquée par ce dernier.
Alors que les circonstances exactes de la mort de Dorine Dogba restent à établir, ce drame relance le débat sur la régulation des pratiques de chirurgie esthétique en Côte d’Ivoire. Une enquête est attendue pour faire toute la lumière sur cette affaire, qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les interventions clandestines mettant en danger la vie de nombreuses jeunes femmes.
Djabiga Soro
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