En France, au moins deux aéroports desservis par la compagnie nationale Air Algérie et d’autres compagnies à destination de l’Algérie sont gravement touchés par les défaillances du nouveau système européen de contrôle de données biométriques.

Le système entrée/sortie (EES) est déployé dans l’objectif d’enregistrer numériquement les entrées et sorties des voyageurs non européens soumis au visa Schengen C (court séjour), en l’occurrence leurs documents de voyage, la photo faciale et les empreintes digitales.

« Des queues pour les passagers dépassent déjà une ou deux heures »

Pleinement opérationnel depuis le 10 avril, le système de contrôle numérique des voyageurs aux frontières de l’espace Schengen, pourtant censé fluidifier les passages à long terme, engendre de longues files d’attentes, voire du chaos, dans de nombreux aéroports.

En France, les aéroports de Marseille et de Nantes, régulièrement desservis depuis et vers l’Algérie sont particulièrement touchés par les défaillances répétées du système de contrôle des données biométriques, avec d’importantes perturbations.

La compagnie low cost irlandaise Ryanair a appelé le gouvernement français jeudi dernier à mettre en pause durant l’été les contrôles des données biométriques des passagers entrant dans l’Union européenne, après des dysfonctionnements, rapporte BFMTV ce jeudi 30 avril.

« Des queues pour les passagers dépassent déjà une ou deux heures aux aéroports de Beauvais, Marseille et Nantes », a fait savoir la compagnie, pointant « un manque de personnel et des défaillances du système » et « des perturbations inutiles » pour les voyageurs.

Des appels à décaler l’application du système EES à l’après-saison estivale

Dans son appel lancé au ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, Ryanair a réclamé le retour à l’ancien système, à savoir le tampon manuel sur les passeports, jusqu’en septembre prochain, soit après la saison estivale.

Pour le directeur des opérations de la compagnie, Neal McMahon, « les gouvernements dans toute l’Europe tentent de mettre en service un système informatique mal fichu en pleine saison haute des voyages, et les passagers en paient le prix ».

Le Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens (Orly et Roissy, desservis depuis et vers l’Algérie), a estimé en février dernier que ce système ne serait pas entièrement opérationnel à temps, souhaitant « que sa mise en œuvre soit décalée plutôt après l’été ».

Pour les voyageurs algériens, qui sont nombreux à voyager cet été entre la France et l’Algérie, la situation risque d’être chaotique au niveau des aéroports français, avec de longues files d’attentes et des retards de plusieurs heures.