Avec notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues
Pendant un peu plus de deux heures, la procureure a donné plus de détails sur cette méticuleuse mission d’infiltration qui a conduit à l’arrestation de Kemi Seba, avec l’implication d’Interpol.
Selon le parquet, le suprémaciste blanc François van der Merwe a été contacté pour aider l’activiste et son fils à quitter illégalement l’Afrique du Sud, via une société de sécurité privée. Seulement, la police en est informée, et deux agents sous couverture prennent alors la place des responsables de cette société de sécurité.
Lorsque Kemi Seba et son fils pensent quitter le parking d’un centre commercial à bord d’une voiture qui les conduira au Zimbabwe incognito, ils se retrouvent en fait directement au poste de police.
Selon le parquet, Kemi Seba avait ensuite en tête de rejoindre l’Europe pour y commettre un acte terroriste, ce que dément fermement son entourage. Son avocat Sinen Mnguni ne comprend pas ces allégations :
« Il y avait la volonté de créer une atmosphère pesante autour de lui, en le présentant comme quelqu’un de dangereux, alors qu’il n’est inculpé nulle part pour un crime grave ou violent. Et je pense que le parquet a fait ça de manière intentionnelle, avec des affidavits qui étaient d’ailleurs assez volumineux pour une affaire d’immigration… Mais nous restons confiants, malgré ces allégations, quant à la solidité de notre défense, à la forte probabilité d’une libération sous caution, notre client ayant déposé une demande d’asile en Afrique du Sud. »
En plus de régulariser sa situation, alors que son visa est expiré, si Kemi Seba obtenait l’asile politique en Afrique du Sud, la procédure d’extradition voulue par le Bénin pourrait devenir encore plus complexe.
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