Il s’imaginait, encore récemment, embrasser une carrière militaire, dans la gendarmerie mobile ou le renseignement. Une campagne électorale victorieuse plus tard, aux côtés du candidat divers droite Stéphane Roudaut, et ce parcours tout tracé a bifurqué vers un destin inattendu : celui de nouvel adjoint au maire de Brest, chargé du quartier de l’Europe. Brian Itema, 27 printemps, dont de nombreux passés dans la ville du Port, sur l’île de la Réunion, a rejoint celui sans majuscule de Brest, à partir de 2020.

Rencontre avec Roudaut à la fac

Aiguillé par le portail Parcoursup, il y a engrangé une licence d’histoire et de sciences politiques à l’Université de Bretagne occidentale (UBO), puis un master en administration publique, à l’Ipag de Brest, toujours à l’UBO. C’est là qu’il a fait la connaissance du nouveau maire de Brest, alors professeur de déontologie. « Ce n’est que plus tard que j’ai entendu parler de son diagnostic du territoire. Je suis venu à une réunion, puis deux, puis trois, puis maintenant je suis avec Stéphane Roudaut au sein du conseil municipal… », sourit celui qui habite à la lisière entre le centre-ville et le quartier de l’Europe.

Au pied des tours de Pontanézen, Brian Itema n'est pas en territoire inconnu. « J'y ai mes attaches, je connais des gens, ma salle de sports est là. »Au pied des tours de Pontanézen, Brian Itema n’est pas en territoire inconnu. « J’y ai mes attaches, je connais des gens, ma salle de sports est là. » (Le Télégramme / Jean-Luc Padellec)

Comment s’est-il retrouvé à en devenir le représentant à la mairie, tout en conservant un mi-temps au conseil départemental, dans les services de protection de l’enfance ? « On s’est concerté, et puis j’ai accepté. Il s’agit d’un quartier dans lequel on peut mener beaucoup de choses. J’y ai des attaches, je connais des gens, ma salle de sports est là ». Mais face à Brian Itema et la nouvelle équipe municipale, se dresse un immense défi, tant le trafic de drogues et ses violences se sont enkystés dans certains secteurs, comme Pontanézen. « Je n’ai pas de baguette magique face à cela. Je mise beaucoup sur le dialogue, sur le tissu associatif, sur la proximité avec les habitants. Je commencerai mon travail d’élu plutôt là-dessus », prévient-il, sans pouvoir définir encore, comment la police municipale, en voie de création, s’intégrera dans le dispositif.

« Aider des jeunes qui n’ont pas de réseau »

Brian Itema compte en tout cas s’appuyer sur sa propre histoire, celle d’un gamin élevé dans un quartier populaire de la Réunion, aux côtés d’un frère et d’une sœur plus âgés, comme « preuve vivante qu’on ne devient pas forcément délinquant quand on sort d’un quartier. On peut faire des études, réussir ! » Que ce soit dans son engagement au sein de l’association universitaire Si T’es U ou au Lions Clubs, puis lors de stages auprès de la sénatrice Nadège Havet ou du député Didier Le Gac, le nouvel adjoint, qui ne se sent « ni particulièrement de gauche ou de droite », dit avoir « eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes qui m’ont guidé ». « Ça me tient beaucoup à cœur de faire la même chose en retour, et d’aider des jeunes qui n’ont pas de réseau ».

Brian Itema a déjà bien en tête la carte du quartier de l’Europe qu’il va devoir administrer.Brian Itema a déjà bien en tête la carte du quartier de l’Europe qu’il va devoir administrer. (Le Télégramme / Jean-Luc Padellec)

Brian Itema ne compte pas de famille en métropole, hormis une tante qui vit à Toulouse : « Il y a toujours ce manque mais je me sens très bien à Brest. Pour moi, cette ville représente beaucoup, elle m’a donné ma chance dans la vie, je m’y suis fait de nombreux amis qui font quasiment partie de ma famille », conclut de ce grand fan de foot anglais, « et désormais du Stade Brestois », ainsi que d’histoire et particulièrement des premier et second Empires, sous Napoléon 1er et III.