Le niveau des barrages du Royaume connaît une nette amélioration, avec un taux de remplissage porté à 75,86% au 23 avril 2026, contre 40,18% un an plus tôt. Devant les députés, Nizar Baraka a présenté un état des lieux marqué par la hausse des retenues, le renforcement des capacités de stockage et l’accélération du dessalement ainsi que par la poursuite des projets d’interconnexion et d’alimentation en eau potable.
Le Maroc aborde la fin avril avec une amélioration sensible de sa situation hydrique. Le taux de remplissage des barrages du Royaume s’établit désormais à 75,86%, contre 40,18% à la même période de l’année précédente, soit un rebond de 35,68 points. Présentés mardi par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, devant la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement à la Chambre des représentants, ces chiffres traduisent une nette reconstitution des réserves après plusieurs années marquées par la pression hydrique. Au 23 avril 2026, les retenues des barrages atteignent environ 13 milliards de m3. Cette progression constitue un signal important dans un pays où la disponibilité de l’eau reste au cœur des politiques publiques, de l’agriculture, de l’alimentation en eau potable et de la résilience des territoires.
Des capacités renforcées par le dévasement
Au-delà de l’amélioration conjoncturelle des apports, le ministère met en avant l’effet des opérations de dévasement des barrages. Selon Nizar Baraka, ces interventions ont permis d’accroître les capacités de stockage et de générer un gain compris entre 5% et 7% des ressources. Elles contribuent aussi à limiter les pertes de capacité qui atteignaient auparavant 15% à 20%.
Cette dimension est stratégique. Dans un contexte de variabilité climatique accrue, le volume d’eau stocké ne dépend pas seulement des précipitations, mais aussi de la capacité réelle des ouvrages à conserver les ressources mobilisées. Le dévasement devient ainsi un levier technique important pour améliorer le rendement des infrastructures existantes.
Un parc hydraulique en extension
Le ministre a également dressé un état des lieux des infrastructures hydrauliques du Royaume. Le Maroc dispose aujourd’hui de 156 grands barrages, pour une capacité totale de 20,8 milliards de m3, auxquels s’ajoutent 150 barrages petits et moyens. Le dispositif comprend aussi 18 ouvrages de transfert d’eau et 17 stations de dessalement d’eau de mer, avec une capacité de production globale de 410 millions de m3.
Cette architecture est appelée à se renforcer. Quatre stations de dessalement sont en cours de réalisation, pour une capacité supplémentaire de 447 millions de m3 par an. Onze autres projets sont programmés, dont huit nouvelles stations et trois projets d’extension. À travers ces investissements, le Royaume cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à réduire la dépendance aux seules précipitations.
Interconnexions et eau potable rurale
Parmi les projets structurants, Nizar Baraka a cité l’achèvement de la phase d’urgence du projet d’interconnexion entre les bassins du Sebou et du Bouregreg, pour un coût de 6 milliards de dirhams (MMDH). L’interconnexion entre les barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa a également été finalisée. Le chantier de l’alimentation en eau potable en milieu rural reste, lui aussi, central. Les projets en cours doivent être achevés à l’horizon 2027 au profit de 767 centres ruraux, pour un coût de 5,272 MMDH, ainsi que de 22.100 douars, pour un montant de 21,987 milliards. L’objectif affiché est de garantir l’approvisionnement en eau potable de l’ensemble des communes et douars.
Dessalement mobile et alerte aux crues
Le recours aux unités mobiles de dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres complète ce dispositif. Le ministre a indiqué que 224 unités mobiles ont été acquises, représentant un débit total de 1.313 litres par seconde, pour un coût de 2,35 MMDH. 158 d’entre elles sont actuellement en exploitation. La stratégie hydrique intègre également la gestion des risques. Nizar Baraka a annoncé le lancement de la généralisation des systèmes d’alerte précoce aux crues, sur la période 2026-2028. Cette initiative vise à mettre en place un système national intégré d’alerte, à renforcer la résilience des territoires et à mieux protéger les populations, les infrastructures et les activités économiques face aux inondations.
S.R. / Les Inspirations ÉCO