TotalEnergies et Petrobras ont annoncé la semaine dernière leur entrée conjointe dans un permis d’exploration offshore en Namibie. Les deux groupes y détiendront chacun 42,5% des intérêts, TotalEnergies assurant le rôle d’opérateur. L’opération, présentée comme stratégique par les deux entreprises, reste toutefois conditionnée à l’obtention des autorisations requises des autorités namibiennes.
Un partenariat dans l’exploration pétrolière
Selon les détails communiqués, les parts ont été cédées par les sociétés Eight Offshore Investment Holdings et Maravilla Oil & Gas. À l’issue de la transaction, Eight conservera une participation résiduelle de 5%, tandis que Maravilla se retirera du projet. Le consortium sera complété par Namcor Exploration and Production, la compagnie nationale namibienne, qui détiendra 10% des intérêts.
Le permis, identifié sous le nom de PEL 104 par les autorités namibiennes, couvre une superficie d’environ 11 000 kilomètres carrés en offshore. Il se situe dans le bassin de Lüderitz, une zone encore peu explorée mais considérée comme prometteuse, à la suite des découvertes majeures réalisées ces dernières années.
Pour Petrobras, cette opération s’inscrit dans une stratégie de moyen et long terme visant à renouveler ses réserves de pétrole et de gaz. « Nous avons évalué avec beaucoup d’attention les zones présentant de bonnes perspectives, au Brésil comme à l’international. La collaboration avec des partenaires sur ce nouveau bloc marque le retour de Petrobras en Namibie », a déclaré sa présidente, Magda Chambriard, précisant que le projet constituera un élément important de la stratégie de la compagnie.
TotalEnergies, de son côté, met en avant la continuité de sa stratégie dans le pays. Après avoir acquis, en décembre 2025, une participation opérée de 40% dans un autre permis offshore, le PEL 83, le groupe français indique vouloir renforcer progressivement son portefeuille d’exploration en Namibie, tout en poursuivant le développement de ses découvertes majeures, notamment Venus et Mopane.
Une coopération envisagée de longue date
Cette opération donne un écho concret à des déclarations formulées plusieurs mois plus tôt par le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. En septembre 2024, celui-ci évoquait publiquement la possibilité d’associer Petrobras à des projets d’exploration à l’international, en particulier dans le bassin atlantique.
« Ils [Petrobras, NDLR] sont prêts à explorer à l’étranger, dans le bassin atlantique, et je garde cela à l’esprit. Si nous avons des opportunités, comme nous le faisons dans différents pays, nous pourrions proposer à Petrobras d’y participer », avait-il déclaré.
À l’époque, ces propos s’inscrivaient dans un double contexte. D’une part, celui d’un regain d’intérêt de Petrobras pour l’international, après une période de recentrage consécutive au scandale de corruption qui avait profondément affecté le groupe dans les années 2010. D’autre part, celui d’une dynamique d’exploration particulièrement active en Afrique australe, et notamment en Namibie, où plusieurs découvertes de classe mondiale ont ravivé l’intérêt des grandes compagnies pétrolières.
Depuis, Petrobras a progressivement réinvesti le continent africain, en acquérant par exemple à São Tomé-et-Príncipe des participations significatives dans plusieurs blocs offshore.
Une opération encore suspendue aux validations locales
Si l’annonce conjointe des deux groupes représente une étape importante dans la dynamique de coopération, sa finalisation n’est pas encore acquise. Le ministère namibien des Industries, des Mines et de l’Énergie a indiqué ne pas avoir été informé en amont de l’opération « comme l’exige la loi », rappelant que toute cession ou acquisition de participations dans un permis pétrolier est soumise à une approbation préalable des autorités compétentes.
Cette sortie introduit une part d’incertitude sur le calendrier de finalisation. Pour TotalEnergies comme pour Petrobras, l’enjeu est désormais d’obtenir l’ensemble des validations nécessaires, dans un pays qui aspire à devenir un nouveau grand producteur de pétrole en Afrique australe.