Les détenteurs d’obligations de l’Éthiopie prévoient de poursuivre le gouvernement après que ses créanciers bilatéraux ont bloqué un accord préliminaire sur la restructuration de son obligation d’un milliard de dollars, une décision qui pourrait retarder les efforts du pays pour sortir d’un défaut de paiement sur sa dette extérieure.

Voici une chronologie des événements clés de la restructuration de la dette de l’Éthiopie :

* Novembre 2020 : Une guerre éclate dans la région nord du Tigré entre les forces loyales au gouvernement régional et l’armée fédérale, aggravant encore les finances de l’État, déjà fragilisées par la pandémie de COVID-19.

* Les perturbations liées à la guerre et au COVID entraînent l’effondrement d’un programme du FMI de 2,9 milliards de dollars conclu en décembre 2019.

* Janvier 2021 : Le gouvernement annonce qu’il va demander la restructuration de sa dette souveraine dans le cadre d’une nouvelle initiative du G20 visant à offrir un allègement aux économies en développement, connue sous le nom de Cadre commun.

* Juin 2022 : Les discussions avec le FMI reprennent.

* Octobre 2022 : Le gouvernement d’Addis-Abeba interdit l’importation de dizaines de produits, dont des voitures, de l’alcool et des biens de consommation, en raison d’une grave pénurie de devises étrangères.

* Mars/avril 2023 : Une équipe du FMI se rend en mission en Éthiopie pour des discussions avec les autorités.

* Août 2023 : L’Éthiopie annonce avoir obtenu une suspension du service de la dette auprès de la Chine, l’un de ses principaux créanciers.

* Septembre/octobre 2023 : Une nouvelle équipe du FMI se rend à Addis-Abeba pour poursuivre les discussions avec les autorités.

* Novembre 2023 : Le gouvernement parvient à un accord de principe avec ses créanciers officiels sur une suspension provisoire du service de la dette.

* Décembre 2023 : Le pays fait défaut sur son Eurobond d’un milliard de dollars après avoir manqué un paiement de coupon de 33 millions de dollars. Cela entraîne une chute de l’obligation souveraine et les agences de notation abaissent la note du pays pour refléter le défaut.

* 29 juillet 2024 : La banque centrale libéralise le taux de change du birr, une exigence clé du FMI pour un nouveau programme de financement, provoquant une forte baisse face au dollar. Quelques heures plus tard, le FMI approuve un programme de 3,4 milliards de dollars sur quatre ans, ouvrant la voie à la restructuration de la dette de l’Éthiopie.

* 14 août 2024 : Un groupe de détenteurs d’obligations étrangers, connu sous le nom de comité ad hoc, exprime sa déception face aux déclarations du gouvernement concernant une possible réduction de 20 % du principal dans le cadre de la restructuration.

* 27 septembre 2024 : Le FMI annonce avoir conclu un accord au niveau des services avec le gouvernement après la première revue du programme de réformes.

* 1er octobre 2024 : L’Éthiopie invite ses détenteurs d’obligations à négocier en parallèle avec les discussions menées avec les créanciers officiels afin d’accélérer la refonte de la dette.

* 17 février 2025 : Le comité ad hoc des détenteurs d’obligations étrangers accuse le FMI de publier un rapport erroné sur l’économie éthiopienne, afin d’appuyer la nécessité d’un traitement pour insolvabilité.

* 21 mars 2025 : Le gouvernement annonce avoir conclu un accord de principe avec son Comité officiel des créanciers, qui représente des créanciers bilatéraux tels que la France et la Chine. L’accord est formalisé en juillet.

* 3 janvier 2026 : Le gouvernement indique avoir conclu un accord préliminaire de restructuration avec les détenteurs d’obligations, ce qui fait grimper leur valeur alors que le marché salue la résolution.

* 30 janvier 2026 : Le gouvernement annonce qu’il renégociera les modalités de la restructuration de l’obligation après le rejet de l’accord initial par les créanciers officiels. Un groupe de détenteurs d’obligations prévient qu’il envisage une action en justice.