Le souvenir de sa qualification reste gravé : « Je passais la ligne d’arrivée quand j’ai vu un ami qui avait commencé à faire les comptes, raconte le collégien. Il m’a dit : normalement, c’est bon ! Mais on restait prudents, car ses calculs étaient manuels. C’est seulement quand les résultats officiels sont tombés sur WhatsApp que j’ai pu éclater de joie. »
Une compétition de haut vol
Face à 250 régatiers venus de toute la France, la bataille a été rude. Martin s’est mesuré à des adversaires de taille, comme Quentin Noël (1er), Paul Masson (2e) ou encore Bastien Cerrato (3e). « Bastien est très fort, il a déjà fait les championnats d’Europe », souligne le Locquirécois, qui termine au pied du podium (4e) après une lutte acharnée.
Derrière lui, ses parents ont vécu chaque virement de bord avec intensité. « On stressait énormément sur les dernières journées, confie son père, Olivier Berder. On était là pour les encourager, mais aussi pour consoler les jeunes quand les manches étaient plus difficiles. »
Un talent précoce face aux éléments
Au stress de la compétition s’est ajoutée une météo capricieuse. Entre vents instables et calmes plats, le comité de course a dû multiplier les changements de parcours et les temps d’attente. Mais Martin a su garder son cap, fort d’une expérience acquise dès le primaire lors de stages d’été.
Rapidement détecté par la Fédération Voile Baie de Morlaix (VBM), il a gravi les échelons : de la Division 3 à la D1, sous l’œil expert de son coach Vincent Morel.
Le défi du quotidien : entre mer et route
Pour atteindre ce niveau, le rythme est soutenu : entraînements les mercredis et samedis entre Carantec et Roscoff, sans compter les déplacements aux quatre coins de l’Hexagone (Marseille, Le Havre, Antibes) et à l’étranger.
Une logistique complexe pour la famille, rendue possible grâce à une solidarité exemplaire. « Sans le covoiturage avec les autres parents, ce serait impossible, admet Olivier Berder. C’est une vraie chance, tout comme l’entraide des anciens du club qui inspirent les plus jeunes ».
Et demain ?
Si cet été Martin endossera le rôle d’aide-moniteur, son avenir professionnel reste encore à tracer. « Je ne sais pas si je veux consacrer toute ma vie à la voile », avoue-t-il avec lucidité. Passionné de sciences, il pourrait s’orienter vers l’ingénierie.
En attendant, un défi plus immédiat l’attend : les championnats du monde coïncidant avec les épreuves du Brevet fin juin, l’élève de 3e devra passer la session de remplacement en septembre. Priorité à la régate !