Les apprenties danseuses prennent cinq minutes pour boire, s’éponger aussi. Dans la maisonnette, annexe de la scène d’Équinoxe à Châteauroux, Andoche Loubaki, depuis près d’une heure, leur apprend un par un les mouvements des danses congolaises. « Je prends des éléments des danses de l’est du Congo, du nord, de l’ouest et ça donne des présentations contemporaines, avec des pas traditionnels », explique ce dernier qui, lui, a choisi de s’installer aux États-Unis. Il fait régulièrement des allers-retours au Congo ou en France pour les collaborations artistiques. « Il faut que vous exagériez les filles ! », encourage le danseur.
Les pas sont physiques et demandent une mobilisation de tout le corps. « Au Congo, on peut caractériser nos danses parce qu’on va davantage partir du bassin par rapport aux danses du Sénégal ou de Guinée », explique Emmanuel, l’un des percussionnistes qui accompagne le cours. Il s’est lui installé à Nantes et collabore avec d’autres musiciens. Les stagiaires, elles, tente de suivre le rythme et de garder leur souffle. « On s’est fait plaisir en venant avec une amie, explique Nathalie. C’est vraiment festif, c’est fatigant, on transpire mais c’est vraiment joyeux. »

Samedi en fin d’après-midi, la scène installée sur le parvis d’Équinoxe a permis les initiations pour tous et les restitutions d’ateliers.
© Photo NR, Aziliz Le Berre
« C’est fatigant mais c’est vraiment festif »
Les participants au festival Nour’Africa sont priés d’oublier la position de spectateur passif, quel que soit le spectacle. C’est ainsi que des jeunes voix, plutôt enthousiaste ont entonné la rengaine du conte « et sa voix a fait le tour de la terre 365 fois ». Dorient Kaly, comédien, joue avec les codes : « Oui, on a le droit, on est dans un conte après tout. » Là encore, l’histoire de l’âne perdu n’était pas vouée à endormir les plus jeunes. En cette fin de matinée, le conte s’est voulu atelier théâtre et activité chantée collective. À les entendre participer, les plus jeunes y trouvaient leurs comptes.

À la médiathèque, Dorient Kaly a su provoquer la participation de tous les spectateurs, des tout-petits et de leurs parents.
© Photo NR, Aziliz Le Berre
Et tous les participants aux ateliers se retrouvaient, samedi soir, pour l’épreuve du feu : la restitution des ateliers. « Il faut oser franchir le pas, se montrer devant les autres quitte peut-être à paraître ridicule », explique l’un des participants aux ateliers rumba cubaine et salsa. Dénégations immédiates d’Oscar Rodriguez et Sophia qui, d’ordinaire, enseignent la salsa, la bachata, ou le reggaeton à Châteauroux. « Ici, on peut vraiment faire découvrir la culture cubaine », expliquent-ils. Et pour eux, nul n’est mauvais danseur, tant que le premier pas est franchi.