Une vague d’actes xénophobes secoue l’Afrique du Sud, particulièrement la province du KwaZulu-Natal, poussant la communauté sénégalaise estimée à près de 10 000 personnes à vivre dans la terreur. Ce samedi 2 mai 2026, des témoignages rapportent une insécurité croissante marquée par des agressions physiques et des pressions politiques contre les résidents étrangers.

À Durban, les commerçants expatriés subissent des menaces directes de la part de groupes locaux armés. Talla Ndiaye, un commerçant sénégalais établi dans la ville depuis quinze ans, a dû cesser ses activités professionnelles pour garantir sa sécurité personnelle face à l’hostilité ambiante.

« La situation est devenue extrêmement difficile. Il est désormais impossible de vivre en paix. Les Zoulous s’en prennent aux étrangers avec des piquets, des machettes et d’autres objets tranchants. Être identifié comme étranger suffit pour être en danger. » affirme Talla Ndiaye dans les colonnes de L’Observateur.

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Le commerçant précise également les conséquences économiques immédiates de ce climat de violence sur ses activités quotidiennes.

« Ouvrir, c’est s’exposer à être attaqué ou à voir son commerce détruit. » explique Talla Ndiaye.

Dans l’Eastern Cape, le sentiment de vulnérabilité est partagé par l’ensemble des expatriés ouest-africains, indépendamment de leur pays d’origine ou de leur ancienneté sur le territoire sud-africain.

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« Que l’on soit Sénégalais, Malien ou d’un autre pays, nous sommes tous perçus comme des étrangers. Sortir travailler est devenu un risque quotidien. » décrit Ousseynou Sy, résident en Afrique du Sud depuis deux décennies.

L’ancien diplomate Momar Talla Fall analyse ces événements comme un cycle de tensions sociales liées aux difficultés économiques locales perçues par une partie de la population autochtone.

« Tous les cinq ans environ, le pays connaît des vagues de violences contre les étrangers. » estime Momar Talla Fall.

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Il souligne que les migrants sont souvent désignés comme responsables des manques d’opportunités professionnelles pour les Sud-Africains.

« Certains Sud-Africains accusent les étrangers de monopoliser les opportunités économiques, même si cela ne reflète pas la réalité. » ajoute l’ancien diplomate.

Face au danger, les ressortissants utilisent les technologies numériques pour coordonner leur protection et diffuser des informations critiques en temps réel.

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« Ces réseaux nous permettent de nous informer en temps réel et de rester solidaires » souligne un interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias.

Parallèlement, la pression politique s’accentue à Pretoria où le collectif « March and March » a manifesté devant la présidence le mardi 29 avril. Le président Cyril Ramaphosa a tenté de désamorcer la crise en rappelant la solidarité historique des pays africains durant l’apartheid, tout en reconnaissant des préoccupations sociales.

« La peur ne nous quitte plus » déclare un expatrié sénégalais cité par Seneweb.

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Le ministère de la police a réagi par communiqué en interdisant formellement tout acte de justice privée, rappelant qu’aucun groupe n’est autorisé à agir en dehors du cadre légal malgré ses griefs.