Croissance zéro. Le verdict, pire que prévu, est tombé jeudi 30 avril : l’activité économique a été atone en France au premier trimestre, alors que la plupart des experts s’attendaient, malgré tout, à une très faible progression de 0,2 %. C’est la pire performance de la zone euro, même si l’Allemagne a dû diviser par deux sa prévision de croissance en 2026 et que les Pays-Bas, l’Irlande, la Suède et l’Italie ralentissent nettement.

Là où plusieurs pays ont choisi d’intervenir pour amortir les effets de l’envolée des prix du pétrole et du gaz sur les entreprises et les consommateurs (l’Allemagne a voté un dispositif de 1,6 milliard d’euros), la France ne peut en faire autant, à cause de l’extrême fragilité de ses finances publiques. « Nous n’avons plus d’argent », a lâché le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, dès le 11 mars. Les trois plus grandes banques françaises, BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale, viennent pour leur part d’augmenter leurs provisions, pour faire face à d’éventuels défauts de paiement.

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L’Union européenne, importatrice nette d’hydrocarbures et donc très pénalisée par la hausse brutale des carburants depuis le 28 février, paie le prix fort de la guerre en Iran. Au sens propre : le surcoût de ses importations énergétiques s’est élevé à 27 milliards d’euros fin avril. Sans avoir pour l’instant élaboré de stratégie commune en dépit de l’ampleur des conséquences, notamment dans le domaine de l’électrification et de la diversification de ses approvisionnements en hydrocarbures.