Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2025, la Pologne a vécu un cauchemar lorsqu’une vingtaine de drones russes ont violé son espace aérien. Plusieurs ont volé des centaines de kilomètres sans être interceptés. Pas de dégâts majeurs, mais une onde de choc. Le pays s’est réveillé en comprenant qu’il n’avait pas les moyens de répondre à une éventuelle attaque de drones. Une vulnérabilité d’autant plus surprenante que ces armes sont omniprésentes sur le champ de bataille de l’Ukraine voisine. L’électrochoc a amené le Premier ministre polonais Donald Tusk à annoncer le 30 janvier le lancement d’un « mur antidrones ». Le projet, baptisé San, est destiné à ajouter une quatrième couche aux défenses aériennes nationales.
« Jusqu’à maintenant, l’argent avait été dépensé pour équiper la plus haute partie du ciel contre des attaques aériennes balistiques (missiles), de roquettes ou de bombes. Il faut équiper maintenant la dernière couche, notamment contre les drones de basse altitude », détaille Beata Gorka-Winter, experte en sécurité et professeure à l’université de Varsovie. D’une valeur de 3,5 milliards d’euros, San fait partie du programme Bouclier Est qui consiste à militariser la frontière nord et est.
Face à la menace russe, la Pologne dépense sans compter pour son armée
Certes, les pays baltes disposent déjà d’initiatives de protection contre les drones. Mais « il n’existe actuellement aucun autre exemple en Europe d’un système antidrones intégré et intelligent de ce type », s’est vanté Donald Tusk.