Rien ne le destinait à faire le voyage. La France n’avait pas prévu d’envoyer de délégation pour ce premier champion d’Europe de chessboxing… trop occupée à préparer ses premiers championnats nationaux prévus en juillet 2026. C’est son coach d’échecs, présent à Istanbul (Turquie), qui lui a soufflé l’idée. Édouard Arzul, de Minihy-Tréguier, a fait le voyage seul, à ses frais, sans structure derrière lui.
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Trois semaines plus tôt, il avait essuyé une défaite à l’anglaise, un revers qui aurait pu refroidir ses ardeurs. Pas les siennes. Le jeune breton a décidé de boucler son sac et mit le cap sur Istanbul, au World élite hôtel, avec une idée fixe : Aller chercher l’or et me relancer avant les Mondiaux.
Je savais qu’il ne pourrait pas me mettre KO
En finale des moins de 57 kg, le tableau est très relevé. En face : un boxeur russe redoutable avec 198 combats amateurs, triple champion de Russie, 17e mondial et futur professionnel. Sur le papier, le combat semblait joué d’avance, reconnaît le Minihen. Mais ce dernier avait son plan. Grâce à son coach, ses progrès aux échecs avaient été sérieux. Et physiquement, Édouard possède deux armes redoutables : un mental de fer et une résistance hors norme. Je savais qu’il ne pourrait pas me mettre KO, lâche-t-il. Sa stratégie était claire encaisser, tenir debout et aller chercher la décision sur l’échiquier. Un combat intense, serré, éprouvant de bout en bout et au final, le Breton s’impose sur les cases noires et blanches de l’échiquier.
Édouard Arzul vient d’écrire une grande page de son histoire. Il devient officiellement le premier champion d’Europe WCBO de l’histoire du chessboxing.