Face à l’escalade du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo et à la pression sur les pays voisins, l’Union européenne débloque 81,2 millions d’euros pour répondre à une crise humanitaire qui s’aggrave dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

L’annonce a été faite le 17 février 2026 par la Commission européenne, alors que les déplacements massifs des populations mettent à genoux les ressources alimentaires, l’accès à l’eau et les capacités d’accueil.

Dans le détail, 68 millions d’euros financeront l’aide d’urgence à l’intérieur de la RDC, où plus de 21 millions de personnes dépendent d’une assistance humanitaire. Objectif : fournir nourriture, soins de santé et de nutrition, rétablir l’accès à l’eau et à l’assainissement, installer des abris de base et renforcer les services de protection, notamment pour les survivants de violences sexuelles et les enfants.

Les 13,2 millions d’euros restants seront consacrés aux réfugiés et à la préparation aux catastrophes dans l’ensemble de la région des Grands Lacs ; au Burundi, au Rwanda et en Tanzanie, alors que les flux transfrontaliers s’intensifient depuis fin 2025.

En déplacement sur le terrain, la commissaire européenne à la gestion des crises, Hadja Lahbib, insiste sur l’urgence d’un accès humanitaire sans entraves : « Les civils de l’Est de la République démocratique du Congo sont pris au piège entre les balles et la faim. Les familles fuient et les survivants de violences peinent même à obtenir des soins de base. »

Elle prévient également : « L’Union européenne mobilise 81,2 millions d’euros pour soulager les souffrances des personnes les plus exposées. Mais l’argent seul ne mettra pas un terme aux souffrances. Les travailleurs humanitaires doivent pouvoir atteindre les personnes concernées en toute sécurité, rapidement et sans obstacles. Le droit international humanitaire n’est pas un buffet. (…) Il doit être pleinement respecté. »

La région reste confrontée à l’une des crises humanitaires les plus sévères au monde, sur fond de conflit armé persistant, d’épidémies et d’insécurité alimentaire touchant près de 28 millions de personnes.

En 2025, l’Union européenne avait déjà mobilisé 129,5 millions d’euros pour la région.
Mais au-delà des montants, l’équation demeure inchangée : sans accès sûr et durable aux populations, l’aide ne peut pleinement atteindre sa cible.

Flory MUSISWA