Le gouvernement mauricien est finalement revenu sur sa décision concernant la composition de sa délégation au Parlement panafricain (PAP), après l’épisode controversé de juillet 2025.

Une nouvelle équipe, cette fois conforme aux critères de représentation exigés par l’Union africaine, a été dépêchée pour permettre au pays de retrouver sa pleine participation au sein de cette instance continentale.

Selon les informations recueillies, la nouvelle délégation mauricienne est composée de Roshan Jhummun, Anabelle Savabaddy, Kevin Lukeeram, Tony Apollon et Adrien Duval, représentant de l’opposition. L’inclusion du député du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) marque un tournant décisif, la présence d’un membre de l’opposition étant une exigence formelle du protocole du PAP visant à garantir un équilibre politique et une diversité d’opinions.

Ce réajustement intervient après un revers diplomatique enregistré en juillet 2025, lorsque la délégation mauricienne de l’époque — composée de Roshan Jhummun, Anabelle Savabaddy, Kevin Lukeeram, Tony Apollon et Chetan Baboolall — avait été contrainte de rentrer prématurément au pays. En cause : le refus du PAP d’assermenter ses membres, en raison du nonrespect des critères de représentation politique.

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Le Credentials Committee avait alors rejeté la demande d’assermentation, estimant que la composition de la délégation ne reflétait pas la diversité politique requise. En l’absence de cette conformité, les représentants mauriciens s’étaient vu interdire toute participation aux débats, aux votes et aux travaux parlementaires.

La mission, initialement prévue du 16 juillet au 1eᣴ août 2025 à Midrand, en Afrique du Sud, avait ainsi été écourtée pour se terminer dès le 25 juillet. Cet épisode avait non seulement terni l’image de Maurice sur la scène africaine, mais avait également entraîné des dépenses publiques estimées à Rs 1 134 471, couvrant les frais de déplacement, d’hébergement et les indemnités journalières.

L’intégration d’Adrien Duval dans la nouvelle délégation apparaît comme une réponse directe aux critiques formulées à l’époque. Le député de l’opposition avait lui-même dénoncé l’absence de consultation préalable, soulignant que la constitution de la délégation ne respectait pas les principes de dialogue parlementaire.

Lors d’une intervention au Parlement, il avait déclaré que le Premier ministre n’avait pas à l’inclure dans une mission sans concertation, tout en affirmant ne pas souhaiter participer à une délégation étrangère dans ces conditions. Malgré ces réserves exprimées en 2025, sa présence aujourd’hui permet à Maurice de se conformer aux exigences institutionnelles du PAP.

Une nouvelle délégation opérationnelle

La délégation mauricienne a quitté le pays au cours de la semaine écoulée et a prêté serment le mercredi 29 avril, officialisant ainsi son statut de membre du Parlement panafricain. Cette étape marque le retour effectif de Maurice au sein de l’organe législatif de l’Union africaine.

Les parlementaires mauriciens ont également pris part à la session extraordinaire de la septième législature du PAP, tenue du 28 au 30 avril à Midrand. Cette session a été marquée par l’élection d’un nouveau bureau appelé à diriger l’institution pour les trois prochaines années.

À l’issue de cette session, un nouveau bureau a été élu, reflétant l’équilibre géographique du continent africain. Il est désormais dirigé par le président représentant l’Afrique du Nord, accompagné de quatre vice-présidents issus respectivement des régions de l’Est, de l’Ouest, du Centre et de l’Afrique australe.

Au-delà de la régularisation de sa situation, la participation de Maurice à cette session revêt une importance stratégique. La délégation mauricienne est appelée à prendre part, au cours de la semaine, à plusieurs débats portant sur des sujets d’actualité touchant les pays africains, notamment en matière de gouvernance, de développement économique et de coopération régionale.