Présente en Afrique depuis plus d’un siècle, Standard Chartered continue de jouer un rôle clé dans le financement des économies du continent. Dans un contexte de besoins croissants en infrastructures et de contraintes budgétaires pour les États, la banque britannique multiplie les montages financiers pour accompagner des projets publics, notamment en Afrique de l’Est.
Standard Chartered a annoncé le 28 avril avoir arrangé un financement syndiqué de plus de 2,3 milliards de dollars (environ 1,9 milliard d’euros) pour un projet ferroviaire en Tanzanie. Il s’agit du deuxième pays d’Afrique de l’Est où la banque mobilise des fonds pour des infrastructures en quelques mois.
Dans le détail, le nouveau financement porte sur une partie du Standard Gauge Railway (SGR), un projet ferroviaire destiné à moderniser le réseau tanzanien. Figurant parmi les plus importants investissements d’infrastructures engagés par la Tanzanie, le SGR doit relier Dar es Salaam, principal port du pays, à Mwanza, sur les rives du lac Victoria.
Les fonds serviront principalement à la construction d’environ 430 kilomètres de ligne entre Makutupora et Isaka, confiée à l’entreprise turque Yapi Merkezi. Un autre tronçon, entre Isaka et Mwanza, est piloté par la China Civil Engineering Construction Corporation.
Le montage financier repose sur plusieurs sources. Environ 1,32 milliard de dollars proviennent d’agences de crédit à l’exportation européennes, y compris en Suède, en Pologne et en Italie. À cela s’ajoutent 462 millions de dollars de financements de long terme mobilisés auprès de banques commerciales et d’institutions de développement. Un autre volet de 559 millions de dollars est couvert par l’agence chinoise Sinosure. Standard Chartered intervient comme coordinateur global, arrangeur principal et prêteur auprès du ministère des Finances tanzanien.
Une intervention récente en Ouganda
Avant cette annonce, Standard Chartered avait mené en janvier une autre opération de financement en Ouganda, où sa filiale locale a mis en place trois lignes de crédit totalisant environ 641 millions d’euros pour des projets d’infrastructures.
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Le premier volet, d’un peu plus de 340 millions d’euros, concerne la construction d’une ligne électrique à haute tension reliant le barrage de Karuma à la ville de Tororo, ainsi que des travaux sur une sous-station à Kampala. Un second financement d’environ 183 millions d’euros vise des projets d’accès à l’eau potable et d’assainissement dans plusieurs régions. Un troisième paquet, proche de 116 millions d’euros, est destiné à des travaux routiers.
Comme en Tanzanie, ces financements reposent sur des montages associant plusieurs partenaires, des agences de crédit à l’exportation et des institutions financières internationales. L’enchaînement de ces opérations suggère une présence active de la banque sur les projets d’infrastructures publics dans la région, à un moment où les États cherchent à mobiliser des ressources extérieures pour soutenir leur croissance.
Une stratégie africaine qui évolue
Ces développements interviennent alors que Standard Chartered ajuste sa présence en Afrique. La banque a engagé ces dernières années une série de cessions ou de réductions d’activités dans plusieurs pays, dont le Zimbabwe, l’Angola, la Zambie ou encore la Gambie.
En parallèle, elle semble renforcer son positionnement sur certaines activités, comme le financement de projets et la gestion de patrimoine. Selon plusieurs sources concordantes, cette stratégie vise à concentrer les ressources sur les marchés et les métiers jugés les plus rentables, parmi lesquels se trouvent l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya, trois pays qui lui auraient permis de doubler en trois ans la taille de son activité de gestion de patrimoine en Afrique.
Les opérations récentes en Afrique de l’Est peuvent être lues comme une illustration de ce repositionnement. Il reste à déterminer dans quelle mesure ce modèle pourra s’inscrire dans la durée, alors que les besoins en infrastructures continuent de croître et que la concurrence entre bailleurs s’intensifie.