L’Éthiopie accuse l’armée soudanaise d’avoir procuré des armes et du soutien financier au TPLF, puissant parti de l’État régional du Tigré, qui entretient des relations difficiles avec le pouvoir central éthiopien. « Les activités des mercenaires du TPLF au Soudan sont de notoriété publique, et de nombreuses preuves crédibles démontrent que le Soudan sert de hub à diverses forces anti-éthiopiennes », ajoute le ministère éthiopien des Affaires étrangères..
Accusations soudanaises « sans fondement »
Dans un communiqué, la diplomatie éthiopienne répond par ailleurs ce mardi aux accusations « sans fondement » de Khartoum selon lesquelles Addis-Abeba est impliqué dans une attaque de l’aéroport de Khartoum. Khartoum qui a rappelé au passage pour consultations l’ambassadeur du Soudan en Éthiopie.
À lire aussiLe Soudan rappelle son ambassadeur en Éthiopie après une attaque des FSR contre l’aéroport de Khartoum
Un laboratoire de recherches de l’université américaine de Yale a pourtant publié début avril un rapport indiquant qu’une base militaire éthiopienne proche de la frontière soudanaise apportait un soutien aux paramilitaires soudanais, les Forces de soutien rapide (FSR).
La veille, documents à l’appui, le porte-parole de l’armée soudanaise avait démontré le parcours des drones qui ont frappé Khartoum lundi. L’armée soudanaise affirme qu’elle en a intercepté certains. Selon des vidéos retraçant leur parcours, ils ont été lancés depuis l’aéroport de Bahir Dar en Éthiopie. Il s’agit du même parcours effectué par un drone intercepté en mars dernier et dont l’analyse des données a révélé sa provenance du même aéroport en Éthiopie. Un drone de fabrication turque, Bayraktar Akençi, avec son numéro de série, appartenant aux Émirats arabes unis.
« Quiconque nous attaquera se heurtera à une réponse »
Les Émirats et l’Éthiopie ont une nouvelle fois « violé la souveraineté nationale et la loi internationale », affirme Khartoum, sur un ton presque menaçant. Nous ne voulons pas « initier d’agression contre aucun pays », « mais quiconque nous attaquera se heurtera à une réponse », a ajouté le chef de la diplomatie soudanaise.
Le Soudan est en proie depuis avril 2023 à une violente guerre entre son armée régulière et des forces paramilitaires. Côte éthiopien, les tensions s’exacerbent entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et les autorités fédérales, faisant craindre un nouveau conflit dans cet Etat du nord du pays, sorti en 2022 de deux ans de guerre meurtrière (au moins 600 000 morts) entre les mêmes belligérants.