Les forces armées soudanaises accusent
l’Éthiopie et les Émirats arabes unis d’être impliqués dans une
attaque de drones contre l’aéroport de Khartoum survenue lundi,
dernier épisode en date d’une récente vague d’attaques ayant mis
fin à plusieurs mois de calme relatif dans la capitale, trois
ans après le début de la guerre civile.
Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a rejeté
mardi ce qu’il a qualifié d' »accusations sans fondement » tandis
que les Emirats Arabes Unis n’ont pas réagi dans l’immédiat à
une demande de commentaire.
Le Soudan reproche régulièrement aux Émirats arabes unis de
soutenir les Forces de soutien rapide (FSR), organisation
paramilitaire en guerre contre l’armée soudanaise depuis 2023,
ce dont s’est toujours défendu le pays du Golfe.
Khartoum accuse l’Ethiopie d’autoriser pour sa part le
lancement de drones à partir de son territoire.
En février, Reuters a rapporté que l »Ethiopie abritait un
camp d’entraînement secret pour des milliers de combattants de
FSR, venant confirmer l’implication accrue de puissances
régionales dans l’un des conflits les plus meurtriers au monde.
Les frappes lancées depuis vendredi ont touché des cibles
militaires et des zones civiles de Khartoum, où la population,
les ministères et les agences internationales avaient commencé à
revenir depuis que l’armée en a repris le contrôle en mars 2025,
ont déclaré des habitants à Reuters.
Des témoins ont déclaré que les attaques de drones de lundi
visaient l’aéroport international de la capitale, qui a
accueilli la semaine dernière son premier vol international
depuis trois ans.
(Rédigé par Nafisa Eltahir et Vincent Mumo Nzilani, version
française Benoit Van Overstraeten)