Le Ghana a connu deux compagnies nationales par le passé, la dernière ayant fermé après seulement cinq ans d’activité. Alors que les autorités mènent une stratégie de consolidation du statut du pays comme principal hub aérien de l’Afrique de l’Ouest, elles cherchent désormais un partenaire pour relancer un pavillon national.

Le Ghana a lancé le 28 avril dernier une procédure formelle de sélection d’un partenaire stratégique pour la création d’une compagnie aérienne nationale. Dans un communiqué signé par le ministre des Transports Joseph Bukari Nikpe, les autorités invitent les opérateurs intéressés à soumettre leurs candidatures avant le 29 mai 2026. Pour Accra, l’initiative s’inscrit dans une ambition plus large visant à mieux placer le pays sur la carte du transport aérien en Afrique de l’Ouest.

Le processus de sélection se déroulera en trois phases de consultations avant la désignation du partenaire retenu. Le profil recherché est celui d’un opérateur expérimenté, qui devra justifier d’une expertise reconnue en exploitation et gestion de compagnies aériennes et d’un historique de conformité réglementaire internationale. Le partenaire sélectionné devra détenir une participation majoritaire dans la coentreprise et avoir la capacité financière nécessaire pour l’acquisition d’une flotte. Il devra assurer des liaisons long-courriers vers l’Europe, l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient et l’Asie, des dessertes régionales et une division fret intégrée.

Des candidats de premier plan

Ce n’est pas la première fois qu’Accra tente de se doter d’un pavillon national. Ghana Airways, fondée en 1958, a cessé toute activité en 2004 après plusieurs années de difficultés financières. Ghana International Airlines, qui avait pris le relais en 2005, n’a opéré que cinq ans. Des négociations menées depuis 2016 avec Air Mauritius, Ethiopian Airlines ou encore EgyptAir n’ont jamais abouti. Cette fois, l’État propose de se cantonner à une participation minoritaire, signalant un tournant assumé vers le leadership du secteur privé.

Plusieurs compagnies majeures ont été approchées ou ont signalé leur intérêt. Les Émirats arabes unis, pays d’origine d’Emirates, l’un des leaders mondiaux du transport aérien, constituent la piste la plus avancée sur le plan diplomatique. En juillet 2025, le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa a annoncé depuis Abu Dhabi qu’un accord de principe a été dégagé avec les autorités émiraties pour soutenir le projet ghanéen.

Toujours en juillet, c’est le président John Mahama qui a directement sollicité TAP Air Portugal, lors de la cérémonie d’accréditation du nouvel ambassadeur portugais au Ghana. La compagnie aérienne nationale portugaise est néanmoins engagée dans un processus de privatisation partielle, avec Air France-KLM et Lufthansa comme partenaires prioritaires. D’autres compagnies pourraient se montrer intéressées, à l’image de Qatar Airways et Delta Air Lines. Si les négociations n’ont pas abouti par le passé, la piste Ethiopian Airlines n’est pas non plus à exclure.

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Un hub en chantier

Quelle que soit la compagnie retenue, le gouvernement ghanéen ambitionne un lancement opérationnel dans moins d’un an, soit au plus tard au premier trimestre 2027. La création d’un transporteur aérien national s’inscrit dans une stratégie de positionnement aéroportuaire plus large. Le 27 avril 2026, la veille du lancement de l’appel à partenaires, le président Mahama a posé la première pierre d’un nouveau lot du programme d’extension de l’aéroport d’Accra portant sur la construction du hall de liaison entre les terminaux 2 et 3, avec passerelles d’embarquement modernes, salons VIP et espaces commerciaux. L’ensemble du programme comprend également la conversion du terminal 2 en infrastructure à double usage, une nouvelle tour de contrôle et un complexe hôtelier.

La montée du trafic justifie cette mise à niveau. En trois ans, le nombre de passagers a progressé de 1,8 million en 2022 à 2,5 millions en 2025, porté notamment par la reprise des vols de Delta Air Lines en décembre 2025 et les premières rotations d’Air Tanzania vers Accra en janvier 2026. La création d’un pavillon national viendrait consolider cette dynamique, en faisant des aéroports ghanéens non seulement une destination, mais un nœud de connexion pour l’ensemble de la sous-région.