À Casablanca, l’ancienne ministre française de la Santé, Agnès Buzyn, a appelé les pays africains à transformer la baisse de l’aide extérieure en levier de réforme pour leurs systèmes de santé.
Intervenant lors du GITEX Future Health Africa, elle a estimé que le continent devait reprendre la main sur le financement de la santé, en bâtissant des mécanismes plus souverains, solidaires et durables. Selon elle, la diminution progressive des financements internationaux risque d’ouvrir une période de forte vulnérabilité pour plusieurs pays africains, avec un écart important à combler.
Pour y répondre, Agnès Buzyn plaide pour une transition organisée, fondée notamment sur la mobilisation du capital domestique, des fonds souverains et des partenariats public-privé axés sur les résultats. L’objectif : garantir la continuité des soins essentiels, soutenir les professionnels de santé et préserver le fonctionnement des établissements.
Elle a également insisté sur le rôle de coordination des États afin d’éviter un creusement des inégalités d’accès aux soins. Le financement de la santé, a-t-elle souligné, doit être pensé dans une logique d’universalité, avec une visibilité pluriannuelle et une approche intégrant à la fois les soins primaires et la gestion hospitalière.
Sur le volet numérique, l’ancienne ministre a rappelé que le digital peut renforcer l’efficacité des systèmes de santé, à condition d’être placé au bon endroit. Il ne doit pas remplacer la gouvernance, mais l’appuyer dans la mesure de l’impact réel des financements sur les besoins des populations.
