Le journaliste sénégalais Pape Ngagne Ndiaye a été convoqué par la Sûreté urbaine de Dakar à la suite de déclarations tenues au sujet du Premier ministre Ousmane Sonko. Les poursuites engagées contre lui reposent exclusivement sur le chef de « diffusion de fausses nouvelles », et non sur la diffamation — une distinction qui s’explique par l’absence de plainte déposée par le principal mis en cause.

Une qualification pénale sans plainte du mis en cause

Pape Ngagne Ndiaye avait affirmé qu’Ousmane Sonko chercherait à faire incarcérer un ancien membre du gouvernement de Macky Sall à savoir l’ancien ministre de la jeunesse Pape Malick Ndour. C’est sur la base de ces propos que la convocation à la Sûreté urbaine aurait été émise.

L’infraction de « diffusion de fausses nouvelles » est prévue par le Code pénal sénégalais, notamment en son article 255, qui réprime la publication, la divulgation ou la reproduction de toute nouvelle fausse susceptible de troubler l’ordre public ou de nuire aux institutions de l’État. La diffamation, en revanche, constitue un délit de presse à caractère privé : son déclenchement requiert une plainte de la personne qui s’estime lésée. Ousmane Sonko n’ayant pas déposé une telle plainte, cette qualification n’a pas été retenue.

Une énième affaire de « diffusion de fausses nouvelles »

Pape Ngagne Ndiaye est une figure connue du paysage médiatique sénégalais. Sa convocation intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certains journalistes et les nouvelles autorités.

Plusieurs acteurs de la presse sénégalaise ont été interpellés ou convoqués depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Faye-Sonko, dans des affaires mêlant publications en ligne, prises de position publiques et accusations jugées diffamatoires ou mensongères par les autorités.

Le recours au chef de « diffusion de fausses nouvelles » dans les affaires impliquant des journalistes ou des acteurs politiques fait l’objet de critiques régulières de la part des organisations de défense de la liberté de la presse, qui estiment que cette disposition peut être utilisée pour contourner les garanties procédurales propres au droit de la presse.