La numérisation des systèmes de santé s’accélère en Afrique, portée par la nécessité d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les inégalités territoriales. Les solutions de télémédecine s’imposent progressivement comme un levier de modernisation des infrastructures sanitaires.
En marge du GITEX Future Health Africa, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a signé, le lundi 4 mai à Casablanca, un mémorandum d’entente avec Huawei Maroc et Dott Medical. L’initiative vise à structurer le déploiement de solutions de télémédecine et à moderniser les établissements de soins de santé primaires.
Paraphé sous la présidence du ministre de la Santé Amine Tehraoui, cet accord s’inscrit dans la réforme en cours du système sanitaire, marquée par la généralisation progressive de la couverture médicale et la volonté de réduire les inégalités d’accès aux soins.
Le partenariat prévoit le développement d’une solution intégrée combinant infrastructures numériques, équipements médicaux et plateformes de consultation à distance. L’objectif est d’améliorer la prise en charge des patients, d’optimiser l’utilisation des ressources médicales et de fluidifier le parcours de soins, en particulier dans les régions sous-dotées en personnel de santé.
Sur le plan technique, Huawei apportera ses capacités en matière de connectivité et d’infrastructures numériques, tandis que Dott Medical fournira des équipements spécialisés adaptés aux besoins des structures de soins. L’ensemble devra se conformer aux exigences nationales en matière de protection des données de santé, un enjeu clé dans la construction d’un écosystème numérique souverain.
Avant un éventuel déploiement à grande échelle, un projet pilote est prévu afin d’évaluer la viabilité technique, clinique et organisationnelle du dispositif. Un volet formation est également prévu pour accompagner les professionnels de santé dans l’appropriation de ces outils, condition essentielle à leur adoption.
Cette initiative intervient dans un contexte de montée en puissance de l’e‑santé sur le continent africain, où les États cherchent à tirer parti du numérique pour répondre à la pression démographique et aux contraintes d’infrastructures. Au Maroc, les autorités misent sur ces technologies pour renforcer l’efficacité du système, alors que le pays compte environ 7 médecins pour 10 000 habitants, un ratio encore inférieur aux standards de certains pays émergents.
Au-delà de la modernisation des services, l’enjeu est aussi économique et stratégique. En structurant un écosystème local autour de la santé numérique, le royaume ambitionne de stimuler l’innovation, attirer des investissements et se positionner comme un hub régional dans ce domaine. Cette orientation a été réaffirmée lors du lancement de la première édition de GITEX Future Health Africa Morocco, qui a réuni à Casablanca acteurs publics et privés autour de la transformation des systèmes de santé.
Samira Njoya
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