La Banque Centrale de Tunisie a enregistré un bénéfice net de 1,15 milliard de dinars (environ 370 millions USD) en 2025, contre 1,36 milliard de dinars (environ 438 millions USD) un an plus tôt, soit un recul de 15,4 %. Cette baisse s’explique par le repli des produits, qui ressortent à 2,07 milliards de dinars (environ 667 millions USD) contre 2,44 milliards de dinars (environ 787 millions USD) en 2024. La diminution provient principalement de la contraction des revenus issus des interventions sur le marché monétaire, des placements et des opérations en devises.

Les produits divers et les reprises de provisions ont partiellement atténué cette baisse, sans toutefois compenser le recul des principales sources de revenus. Parallèlement, les charges ont diminué à 919,9 millions de dinars (environ 296 millions USD) contre 1,08 milliard de dinars (environ 348 millions USD) en 2024, sous l’effet de la baisse des charges d’intérêts et des opérations en devises. Les frais de personnel et d’exploitation sont restés globalement stables, tandis que les dotations aux provisions ont reculé.

Sur le plan des opérations monétaires, l’encours des interventions sur le marché monétaire a légèrement progressé à 8 264 millions de dinars (environ 2,66 milliards USD) (+1,4 %), soutenu par la hausse des prises en pension de bons du Trésor à six mois (+30,3 %) et de l’opération principale de refinancement (+12,8 %), qui représente désormais 64,1 % des concours aux banques. À l’inverse, les facilités de prêt à 24 heures ont fortement diminué (-46,3 %) et les opérations de refinancement à un mois ont disparu en 2025.

La circulation fiduciaire a poursuivi sa forte progression pour atteindre 26 876,8 millions de dinars (environ 8,66 milliards USD) (+19 %), les billets représentant près de 98 % du total. Les avoirs en devises ont reculé de 8,2 % à 25 134,4 millions de dinars (environ 8,10 milliards USD), pénalisés par un solde déficitaire des flux du Trésor dans un contexte de financement extérieur contraint, malgré les apports liés aux prêts internationaux et l’amélioration des recettes en devises issues notamment du tourisme et des transferts.

La Banque centrale a également fait face à d’importants remboursements de dette extérieure, notamment l’Eurobond 2015 ainsi que des échéances envers le FMI et d’autres créanciers. Les réserves en devises demeurent toutefois le principal poste de l’actif (44,5 %), composées majoritairement de titres (63 %) et de dépôts bancaires (25 %).