© Koaci.com – mercredi 06 mai 2026 – 14:41

Coulibaly-Kuibert, président de la CEI

Coup de tonnerre dans le paysage politique ivoirien. Réuni en Conseil des ministres ce mercredi, le gouvernement a acté la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), ouvrant ainsi la voie à une réforme en profondeur du système de gestion des élections en Côte d’Ivoire.

L’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, à l’issue du Conseil des ministres de ce jour. Selon lui, cette décision s’inscrit dans une volonté de moderniser et de renforcer la crédibilité du dispositif électoral national.

« Le Conseil a décidé de sa dissolution. Cette décision ouvre la voie à l’avènement d’un nouveau mécanisme de gestion des élections, à même de rassurer davantage les acteurs politiques et les Ivoiriens, et de garantir durablement la tenue d’élections apaisées dans notre pays », a-t-il déclaré.

Une réforme majeure du cadre électoral

Cette mesure intervient dans un contexte marqué par la tenue, à Assinie, d’un atelier-bilan de la CEI consacré à l’évaluation des opérations électorales de 2024 et 2025. Alors que l’institution procédait à l’examen de son propre fonctionnement, le gouvernement a choisi d’engager une rupture en actant sa dissolution.

Pour les autorités, cette réforme répond à une exigence de consolidation de la paix sociale et de renforcement de la confiance dans le processus électoral. Elle vise notamment à instaurer un cadre plus inclusif, consensuel et en phase avec les attentes des acteurs politiques et de la société civile.

Le porte-parole du gouvernement a également évoqué l’adoption prochaine de plusieurs textes réglementaires destinés à encadrer cette transition. 

« Plusieurs projets de décrets accompagnent cette réforme d’envergure », a-t-il indiqué, laissant entrevoir un dispositif institutionnel restructuré.

La question du devenir des agents de la CEI, désormais dissoute, suscite des interrogations. Sur ce point, Amadou Coulibaly s’est voulu rassurant.

Il a souligné que les fonctionnaires électoraux disposent de compétences avérées qui faciliteront leur redéploiement. « Ils ont des compétences. Ils n’auront pas de difficultés à se repositionner », a-t-il affirmé, sans toutefois préciser les modalités concrètes de cette réaffectation.

La dissolution de la Commission électorale indépendante marque un tournant institutionnel majeur. Elle ouvre une phase de transition dont les contours restent à préciser, mais qui devrait aboutir à la mise en place d’un nouvel organe ou mécanisme chargé de l’organisation des élections.

Cette réforme, présentée comme stratégique, traduit la volonté affichée des autorités de refonder le système électoral ivoirien afin de garantir, à long terme, des scrutins transparents, crédibles et apaisés.

Reste désormais à savoir quelle sera la configuration du futur dispositif électoral et dans quels délais il sera opérationnel, à l’approche des prochaines échéances politiques.

Wassimagnon